GODILLOTS
juillet 31, 2009 by Cuisto
Filed under Vêtement, Webmagazine
C’est marrant à Paris, l’été, le vrai été, quand il fait chaud, bien chaud comme il sied à une idée d’été, c’est en juin. En général.
Du coup en juillet fin du mois comme celui-ci, on peut presque remettre sa petite laine ou sa sur-chemise et commencer à renifler les frimas de l’automne.
À attendre la grippe et voir les masques fleurir.
Mais humhum, pourquoi tu nous racontes tes histoires de grenouille dignes d’un vieux schnock qui prend son dessert devant la météo après le JT, en attendant d’entendre la bouilloire bouillir pour la verveine et hop, au lit ??
Parce qu’on est curieux, très curieux de voir comment les Parisiens tendance vont se prendre la vague des boots dans la gueule.
Parce qu’on parlait de pandémie virale mais avec ces chaussures façon groles de prolo Ferdinand Bardamu à Détroit 5:00 du mat’ j’ai pas de frissons parce que je suis en mode after mais parce qu’il fait froid et j’ai 10 heures de taf à la chaîne à faire et c’est pas drôle, avec ces godasses là, c’est carrément une épidémie.
Il y en a partout.
Par-tout.
Comme si les marques on s’habille classique chic on arrête les androgynes on veut des mecs à couilles avec du pognon sur le compte en banque et des qui s’assument, s’étaient données le mot.
De Timberland (évidemment) à RRL (merci à ACL pour les tofs), de APC à Wings & Horns (photo ci-dessus), de Our Legacy à Tricker’s x Kurt Geiger, de B Store à Beryll, Loake, Dr Martens, Vasque (Sundowner), Limmer et j’en oublie, plein.
Les boots sont le hit.
It-shoes : terminées les desert boots et si t’es vraiment à la pointe du truc, les machins en cuir pointus je suis trop un rocker la preuve j’écoute… Phoenix, tu vas trouver ça du dernier ridicule. Carrément tapette.
On se marre d’avance de voir les mecs avec une garde robe remplie depuis 3 ans de jeans fittés essayer de chevaucher cette nouvelle vague.
Alors oui, ça faisait un moment qu’on avait vu les Red Wing chez Blue Cheese par exemple, mais ça, ça se comprend : c’est l’habituelle clientèle vieux ou jeunes briscards je connais mes coutures Levi’s vintage par année de production et je t’emmerde ma moto fait plus de bruit que la tienne et quand je fais l’amour à ma meuf je lui mets des traces d’huile de moteur sur la fesse et elle kiffe parce que ça va bien avec ses tatoos à l’encre noire…
Mais là, on en a vu de nos yeux vus en vrai dans le Marais, des Red Wing en vitrine et là, c’est le signe.
La fin. Ou le début plutôt.
Parce que sur le web, c’est l’épidémie j’te dis.
Des godasses de mecs du bâtiment ou de bûcherons des Appalaches, il n’y a que ça. Et ça va continuer au printemps prochain.
Workwear que tu vas dire pour montrer que tu t’y connais un minimum.

Godillots de workers : la revanche du mineur de fond après disparition des derniers specimen au Nord c’étaient les Corons.
Ou la victoire définitive du bourgeois, ça dépend du point de vue : parce que si le workwear fait partie de la panoplie obligée du streetwear, aujourd’hui ce workwear-là, c’est pas pour porter ses boots sur un charpentier mon cher, mais avec un total look qui va te coûter dans les 800 € tout compris. À peu près.
Sans compter la paire de boots.
C’est pas la crise pour tout le monde, je te le dis mon ami.





