DEUX R ET UN L

avril 15, 2010 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Marketing, Vêtement

Oui, vous le savez tous, Ralph Lauren vient d’ouvrir un énorme shop sur Saint Germain.
Difficile de passer un côté, immersion dans l’univers de la marque et du designer.

Bref, on ne va pas vous la refaire. Ni à l’endroit ni à l’envers.

Quatre étages et surtout le dernier, qui nous fait tilter, dédié à RRL.
Double RL, Ralph & Ricky Lauren, nom de leur Ranch dans le Colorado.

Marque mythique.
Et travaillant sur le Mythe.
Mythe d’une marque disparue, puis revenue.
Au bon moment.
Une histoire nébuleuse articulée autour du denim.

Anti-thèse business, pas profitable du tout, et ce depuis toujours.
Là pour l’image et pour le plaisir d’un designer ayant fui le trop glam’ de New-York City, le trop preppy des eigthies.
Peu de publicité, les seules que nous ayons vues étant dans les fameux Free & Easy.
Une simple photo de chevaux dans un enclos, au milieu de Mère Nature.

Hommage au vintage, à une autre époque, que ni Ralph Lauren ni nous n’avons connu.
Une époque vécue à travers les livres, les films et la musique.
Croc-Blanc, Ring of Fire, et Le Bon, la Brute et le Truand.

De la frusque bien fichue, pour t’évader le temps d’une journée.
Pour te rêver immigré nouvellement américain et mort de faim.

Du mythe WASP au Mythe de la Frontière.
De la croisière au chemin de fer.
De la morale de puritain à la morale d’enfant de putain.

Bon pour les pionniers de bac à sable que nous sommes, qui diggons de l’info dans du Slotkin plutôt que de l’or pour boire des chopines.
Néo-Gold Rush.
Revivre 1849.
Le VIIè comme nouvelle frontière.
De l’argent de col blanc pour de la sape de col bleu et poussiéreux.

Ralph Lauren.
173 bd Saint Germain.
Paris VIIè.

MANIFESTE DU PARTI VIRILISTE

novembre 20, 2009 by Cuisto  
Filed under Histoire, Société, Vintage, Vêtement, Webmagazine

Take Ivy p.32

2009 : année du retour de la testostérone dans la mode presque mainstream.

On ne peut pas dire qu’on ne l’a pas attendue, cette injection salvatrice. Surtout à Paris, ville The Kooples, balisée rock, javellisée, labellisée. Pete Doherty, c’est pas Steve McQueen.

Moto, boulot, alcoolo, le spectre du prolo américain a foutu un coup de clé à molette définitif à l’androgyne fashion week.

Laborieux victorieux.

Ça fait cinq ans qu’on nous parle de metrosexualité ou d’übersexualité. Des termes de magazines féminins, pour les femmes qui veulent émasculer leurs mecs en les culpabilisant sur ce “laisser-aller“ masculin depuis l’éternité, qu’elles ont décidé d’éradiquer à partir de 2001 à peu près.
“Viens, on va se faire le maillot ensemble“.
David Beckham en égérie, entièrement relooké par sa meuf, l’ex supposée snob d’un quintet de chav’ : il fallait bien qu’elle trouve une occupation dans sa vie vide (pas Vivid, rien à voir avec les porno stars plantureuses…)

On aura presque tout vu, un des summums ayant été Jean-Paul Gaultier qui a voulu nous faire belles et maquillés. Certes, l’idée existait avant, sauf que là, on parle d’une campagne grand public avec affichage au BHV.

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Ou encore, ces mutants troisième sexe portant dernièrement escarpins Balenciaga et lunettes Margiela, exhibant fièrement toutes les pièces les plus “chaudes“. Ok : “avant-garde fashion“… peut-être, même pas sûr : “avant-garde“ ne rime pas nécessairement avec rencontre du troisième type.

Et une pensée aussi pour tous ces mecs qui, cet été, portaient des micro-shorts bien trop serrés, avec un tank top bien trop loose sur une paire d’espadrilles ou de bateaux.

À Paris comme à NYC ou encore Stockholm, la virilité s’est perdue, annihilée dans un monde “urban outfitté“.

On est vraiment tombé bas, au point de voir les petits frères des cailleras Lacoste, finir en t-shirt fluo, jeans skinny et pompes multicolores aux pieds. De quoi faire perdre les pédales à un néo Robinson Crusoé parti d’ici en 1999 par peur du bug de l’an 2000 rapatrié en plein Paris après un séjour chez les Samoa.

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Cool kids

Le pire étant que les nerd fluos avaient déjà attaqué de leur côté, en attendant les post fluos d’aujourd’hui : plus en noir désormais parce que c’est la crise mais restent les couleurs criardes et les typos beuglardes. En gros, “nous, on est les enfant des années 80. Le rap, la new wave, la dance, tu vois, tout ça“, c’est… “cool“.
Des fans du Pharrell Williams, malheureusement pas le Pharrell qui débuta en Dickies, t-shirt vintage et trucker cap mais le Pharrell ultra ostentatoire époque Skateboard P, fluo et skate. Mais pas à la Gator, plutôt un croisement entre lui et une guirlande de Noël. Trop large pour être skate eighties et trop fluo pour être un rappeur habituel.

Auquel a succédé, Kanye “mulet“ West. Nouvelle caution rap du monde de la mode.

Celui qui veut être calife à la place du calife. Le roi du patchwork, un style sophistiqué de sophiste fashion, malencontreusement adulé par une foule aveuglée par l’ignorance, ou la bêtise, au choix. Une locomotive pour une tribu bling-bling, au goût encore plus douteux que le sien. Entre revival 90’s (ou le pire de la mode), luxe, et streetwear. Un style de parvenu non inspiré. Rien avoir avec Ralph Lauren, auquel il se compare si facilement. Juste un voleur d’idées. Un wannabee dandy sans substance. Creux prétentieux.

Ce bouleversement des codes vestimentaires du rap s’est produit non seulement aux USA mais en Europe aussi, Paris inclus, évidemment. Certains shops et certains rappeurs en ont d’ailleurs profité, comme Sully Sefil avec Dumpefresh, sorti de sa retraite le temps de quelques semaines.
Look type : New Era assortie aux sneakers et au t-shirt à punchlines, le tout violet de préférence. Levi’s Vintage sur le cul et Wayfarer sur le nez, pour mieux apprécier le style flashy de ses potes vendeurs et deejays du grand magasin urbain de la rue Caumartin.
On se passera des exemples. Pas besoin de rajouter une légende aux photos de soirées en ligne… Pour ceux qui ont su éviter cette faune et qui ont envie de la découvrir, on peut vous faire un guide maison. Si vous insistez vraiment, mais alors vraiment beaucoup.

Bien sûr, il y a eu des bastions de résistance, dont on vous a déjà parlé, d’une façon ou d’une autre, sur le site ou dans le mag’. À commencer, par le retour des rock-a-billies et tout le côté skate californien moto et chemise de bûcheron à la Jason Jessee et Max Schaaf. C’était dans notre numéro #3.
Les mecs les plus core du skateboard nous ont finalement rappelés que, non, ce n’était pas normal de porter un jean tellement serré qu’on pouvait compter les poils de couilles de celui qui le portait. On passera sous silence la question du tee à col V.
Enfin des voix pour rappeler qu’il était normal pour un mec de trafiquer une bécane, d’écouter du rock sale, de se tatouer et de se châtaigner.

De la graisse et des fesses.

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Leçons de virilité

Mais Dieu qui n’existe plus est grand et miséricordieux : sur une île, loin, vivent les Japonais, qu’on ne remerciera jamais assez d’avoir relancé J.Press ou Woolrich.

Eux, le style couillu, ils le cultivent depuis un moment.
Ils ne l’ont même jamais lâché depuis l’occupation américaine, mais le retour officiel date de 2006, quelques mois avant la sortie du fameux magazine Free & Easy, référence du genre. Le culte du Blanc chez le Japonais n’est même pas une nouveauté : l’hôte de James Bond dans On ne vit que deux fois, directeur des services de renseignement japonais, en parlait déjà. Cette religion de la tradition blanche, faisant suite à l’occupation US des années post WWII, n’a pas uniquement maintenu les céréales au p’tit-dèj’ ou les équipes de base-ball, mais tous les styles Ivy League, workwear et military wear, celui des expat’ US et des bidasses de l’époque.

En 1965 y sortit d’ailleurs Take Ivy, un recueil photographique (se vendant aujourd’hui à prix d’or sur eBay) sur le style des étudiants des différents campus universitaires de la Ivy League : Harvard, Yale, etc. et surtout Princeton et son étiquette très précise, afin d’être bien étiqueté justement. Livre commandité par un designer japonais, Kensuke Ishizu, le fondateur de Van Jacket, un Ralph Lauren avant l’heure, complètement à fond sur le style Ivy. Heavy Ivy en quelque sorte.

Avec aujourd’hui Daiki Suzuki de Engineered Garments et Woolrich Woolen Mills, les Japonais ont travaillé l’Occident au corps, préparé un retour qui ne pouvait pas ne pas être. Une nécessité. Le retour du style masculin classique, viril, simple et sans fioritures.

À se demander comment on serait habillé en 2009, si les Japonais n’étaient pas là. Heureusement que les USA se sont contentés d’annihiler deux villes seulement.

Or à quelques dizaines de milliers kilomètres de là, les anciens adeptes d’Odin et de Thor ont trouvé, grâce à Internet, une plateforme pour promouvoir un style simple, décontracté mais toujours bien habillé. Brat mais pas trop, un peu Beat Brat, un pas cool devenu cool.
La simplicité de l’éthique protestante, label WSP, White Scandinavian Protestants, cette culture égalitariste empêchant moralement un style trop différencié et ostentatoire.

Et petit à petit, ces deux courants, ces deux cultures du style géographiquement opposées ont réanimé des icônes oubliées : James Dean, Marlon Brando et Steve McQueen d’un côté, la famille Kennedy de l’autre.

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Rappel de simplicité et de virilité.
Interprétation parfaite d’un style gentleman et fonctionnel. Bien sapé et bien pensé.

“C’est le contrecoup de la mode metrosexuelle et plus généralement une réaction à une mode qui était devenue trop difficile à porter pour le consommateur“ (Minya, BPMW).

Tout le monde ne peut pas se permettre un skinny, encore moins du Gareth Pugh. Il y a aussi des mecs qui veulent s’habiller normalement sans avoir l’air d’une chauve-souris. Ou de leur petite soeur.

D’autant plus dans une période back to the roots : avec la crise, c’est l’heure du retour aux vraies valeurs vraies, en tout cas à des choses plus simples, plus durables.
“Quality over quantity“ comme dirait Nikolaj Nielsen de Won Hundred. Qui peut le plus peut le moins, comme on dirait nous. La dépression économique, de laquelle nous sommes soi-disant sortis, a catalysé cette tendance, l’a généralisée en quelques mois seulement. La fin de la “fashion frenzie“ et retour aux vêtements, comme dirait Michael Williams de A Continuous Lean dans une récente interview.

Les mots “pratique“ et “utile“ n’ont jamais été autant utilisés pour décrire des vêtements, styles ou collections. Champ lexical planté au milieu du jardin potager de la mode.
Ou comme le disent les suédois d’Our Legacy ou de Won Hundred : “designer des vêtements dans lesquels on peut vivre, qu’on peut porter aussi bien la journée que le soir“.

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L’angélique Classic Americana

Selon Jamie Barshall, le directeur artistique de Penfield USA : “Il semble qu’il y ait un intérêt grandissant pour un style plus brut, plus authentique ainsi que pour les vêtements fonctionnels et avec lesquels il est possible de vieillir.“

Retour en arrière. XVIIè siècle, les WASP colonisent l’Amérique et un siècle après, il est temps de fonder cette nouvelle nation. Et pour cela, il faut se laver des derniers remugles de cette Europe décadente qu’on a quittée, de cette barbarie civilisée qu’était le Vieux Continent selon les fils du Mayflower. Pour se régénérer, il faut se purifier.
La Nature est leur nouvel Eden, et l’Amérindien est le Bon Sauvage, innocent comme l’enfant, que la civilisation a épargné. Le mythe (et le mythe seulement) du Peau-rouge est le seul moyen pour l’Européen immigré de devenir Américain, de se nettoyer de son passé, délivré de l’Européen putrescent qui sommeille en lui.
D’où le délire American Native chez tous nos voisins cain-cains.

Mais ruse de la raison blanche et épreuve des faits, le bon sauvage fait tache à l’horizon des treize colonies originelles, quand va sonner l’heure de l’expansion vers l’ouest. Pour goûter pleinement ces grands espaces, il va falloir éradiquer ces vestiges humains du paradis perdu. Le rousseauisme luthérien est un angélisme exterminateur.
Paradoxe de la psyché américaine et culpabilité fonctionnelle, les États-Unis ont gardé ce mythe intact.

Sebago par exemple, une des marques preppies emblématiques, initialement Sebago-Moc, n’a de cesse de tenter de faire vivre ce mythe à son échelle locale, un coin marin de l’État du Maine et le souvenir de la tribu Abenaki qui y vivait. En rappelant que l’origine de son nom vient du dialecte indien et que la source de sa réussite, son mocassin, est un héritage direct de cette tribu. C’est beau…

Tout change pour que rien ne change : désormais on achète de l’imprimé Navajo et on regarde Into the Wild bien calé dans sa chemise Penfield. Le premier pour le Sauvage et le second pour la Nature.

Mais attention, si Penfield et tout l’outerwear revient, ce n’est pas parce que le workwear revient. Un bleu de travail ne signifie pas la même chose qu’une veste Mackinaw chez les Américains. L’outerwear, c’est la pureté bio. C’est cucul mais c’est comme ça.

Avec le workwear et le military wear en revanche, l’Américain retrouve son père et la nostalgie d’un pays qui travaille à l’usine, sauf qu’il n’y en a (presque) plus, des usines : Detroit, c’est du vent qui souffle sur des ruines.
Car en ce moment, là-bas, le retour aux sources est une nécessité, et de nécessité vertu : un besoin. Et même un ersatz, ça se passe comme ça chez les WASP : le travail c’est la pureté, aussi. De préférence le travail manuel, physique, parce que le corps c’est impur, et il faut le faire souffrir, c’est mieux.
Déclinaison de la pureté à tout bout de champ. À tout bout de chant aryen.

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Americana x Europa

Si le Classic Americana s’est imposé, il a ouvert la voie au Classic Brittannica. Mais si l’on dirait qu’ils parlent la même langue, ce sont deux univers différents. Très. Un genre de match Penfield et Brooks Brothers vs. Barbour et la chasse à courre.

Car cet outerwear anglais est hyper civilisé, lui, reflet d’une vieille société organisée en classes sociales bien séparées. Pyramide des castes qui n’a rien à voir avec l’ordre démocratique du Nouveau Monde (le premier qui cite Tocqueville aura le bonnet d’âne BHL…)
Si le Classic Brittannica perce lui aussi pour des raisons de nostalgie là encore, il s’agit d’une autre sorte de nostalgie. Celle des hiérarchies “naturelles“, autrement dit : sociales. Ivy made in U.K., le WASP britton veut retourner à sa pureté à lui. Aristo d’un côté, prolo de l’autre.

À ce Classic Brittannica dont certains designers se sont déjà emparés. Le prince Harry, en égérie Junya Watanabe F/W 2009, ça le changerait d’Hugo Boss, collection F/W 1938…
Junya Watanabe est en effet un genre de visionnaire : quand Watanabe dit, tout le monde suit (et ce n’est pas Michelle Obama qui dira le contraire). Watanabe a donc décidé que son 2009 à lui sera outerwear anglais, cf. sa collab’ avec Tricker’s : 2010 suivra le précepte.
Barbour chez J.Crew, et le retour de la brogues à la Grenson, richelieu à bout fleuri, qui va succéder à Red Wing pour le titre de la bottine de l’hiver.

Le Classic Brittanica ramène à la décontraction à la James Bond, toujours bien habillé, jamais tiré à quatre épingles ni trop débraillé.
À l’opposé du Preppy, le Trad exagéré, un Balzac tendant vers le Disraeli, trop de couleurs, et pas assez de simplicité. Trop BCBG, trop cul-serré, allant à l’encontre de la décontraction affichée par les Beats eux-mêmes qui inspirent tant de nouvelles collections, à commencer par Our Legacy.

Le besoin de nonchalance feinte après trop d’années de mecs trop visiblement apprêtés… Le retour de la Sprezzatura de Castiglione, ce comte lombard qui écrivit le Livre du Courtisan, l’art de donner l’impression que tout se fait naturellement, sans effort. Ou de tous ces papa Italiens dont Scott Schuman (Mr. Sartorialist) raffole tant, super bien sapés, mais toujours avec cette nonchalance si méditerranéenne.

“Le vrai art est celui qui ne semble être art“ : c’est ça, le vrai style, et ça n’a pas changé depuis le XVIè siècle.

Ivy en veux-tu?
Le nouveau mag’ féminin en avait fait son accroche à la rentrée. Grazie mille Grazia, les garces vont s’y mettre aussi. C’est la merde, c’est tendance, “tradibranché“ qu’elles ont dit.
Mainstream vous voilà.

Vous allez vous en prendre, du jus de couilles.

Patchwork

septembre 23, 2009 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Marketing, Vêtement

RRLpapy

Croyez pas ce qu’on dit à la télé, television the drug of a nation comme le chantaient les Beatnigs, le premier groupe de Michael Franti pas la bande à Ferlinghetti : la récession est toujours là, c’est seulement les banquiers qui ont reconstitué leurs provisions pour cet hiver comme des marmottes qui ne dorment pas, elles…

Nous, les tricards du larfeuille, on va rester sur l’esprit Dépression, Les Raisins de la colère ou On achève bien les chevaux parce qu’on a l’impression, à force de se casser les yeux bien comme il faut sur le web de mode pour mecs qui ont encore de l’argent eux, d’être revenu aux années 30.
Quand le hobo est devenu de nécessité vertu : t’as pas d’argent, tu vas ramasser des oranges à Orange County.
Ou plus sûrement et toujours et encore : aux années 50 quand un clochard céleste pouvait être un Beat qui terminait sa route à San Francisco complètement bourré à force de fêter ses retrouvailles avec tous ses potes restés sur la Bay en oubliant son rendez-vous avec Henry Miller à Big Sur.…

Allez hop, vas-y pour « hobo chic » alors.
Comme ce papy top hip (un ponte de chez RRL, spécialiste des goodies vintage et un des acheteurs d’un Ralph qui se prend désormais pour un cowboy Marlboro), vu sur le Sartorialist il y a déjà longtemps… l’an dernier. Mais entre lui et le monde réel, il a fallu un an de diffusion.
Normal.
Le charclo comme tendance fait même aujourd’hui petit gros débat, surtout quand Barneys en rajoute une louche.
Je dirais même mieux : Get off the bandwagon, EPMD 1988, ouais…

Mais ce qu’on aime à la revoyure et qu’on sent arriver gros comme un cul de camionneur nourri aux steaks frites d’un Routier, c’est le patchwork sur le fut comme papy là.

Parce quand il fait froid dehors et que c’est la guerre et le chômage et qu’on rêve de pâquerettes au printemps dans un champ normand trop mignon, l’édredon saxon en patchwork molletonné, c’est trop cool.
Petit 1.

Et puis petit 2 : c’est quand même mieux de se coudre un patchwork pour cacher ces trous qu’on n’avait pas sur son chino, plutôt que de faire grunge à deux balles revival chanmé, tu crois ptêt que Vanessa Paradis en se dodelinant dans le clip de Joe le Taxi, elle était grunge parce que ses jeans au genou étaient crevés ?
Et une pensée pour Cobain, qui désespérait de voir son groupe associé avec les rednecks de gauche cheveux longs bien peignés à la Pearl Jam… digression.

Et petit 3 : c’est tellement cool le patchwork, c’est tellement amish, je recycle mes chutes de tissu pour me faire une robe à la main avec juste mes dix doigts une aiguille et du fil, c’est tellement l’Oregon, reduce reuse recycle, que ça ne peut faire qu’un carton.
Les petites fleurs, les rayures pastel et les plaids, les motifs ethniques et vintage, tout est bon dans le cochon.
T’as l’impression de sauver la Terre parce que tu te mets à la couture.
Tu te sens bon.
Bel et bon.

Godillots 2

septembre 14, 2009 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Marketing, Vintage, Vêtement

Converse Vintage

Il y a quelque temps, on vous parlait godillots, leur retour et leurs taros, des bobo et des prolo.
Derrière ça, d’autres marques comptent bien en profiter et grapiller leur part du gâteau.

Surtout qu’en cette période creuse pour les marques (enfin… ça dépend pour qui), toute opportunité de marché est bonne à prendre.
Surtout quand cette opportunité se trouve être une vache à lait, répondant au doux nom marketing de « urban edgy », mais appelle ça comme tu veux : ce genre de specimen prêt à claquer 1000$ chez RRL, ou 1000€ chez Rocker Speed Shop ou Blue Cheese, pour parler de magasins parigots.
Et là, les marques ont sorti l’attirail pour ferrer le poisson glouton vorace pas ano.

Palladium en premier lieu (détenue par K-Swiss, la maison-mère qui malgré tous les budgets du monde n’arrive pas à concrétiser ses nouvelles visées), Palladium où l’on est désormais très alléché par l’odeur du fumet de chaussettes des proprets du Marais et tous les assimilés, prêt à imposer les chaussures de randonnées du désert pour les militaires en perm’.
Ah non, c’est vrai qu’on n’a plus la conscription et les vrais bidasses s’en balancent.

Bref, Palladium… Bien placée au (capsule) show de Vegas.
Pallabrousse pour affronter le bitume hostile.
Et Pataugas aussi dans un autre genre avec leur Authentique à eux… eh ouais : eux aussi.
Le retour de la godasse française made in années 50 ? On pourrait y croire.
Mais il va falloir compter aussi sur les gros joueurs de la toile bien capable de rééditer des modèles, de leurs années d’errance : cf. la photo plus haut de cette paire de Converse de pêche des années 1960 ou 1970.

Bref bis : après le passage de la bottine pointue à celles sous hormones que sont Tricker’s ou Alden, on va assister au passage de l’Authentic à l’Authentique, de la petite plate à la haute cramponnée.

Après un hiver en boots, le printemps venu, tu seras heureux de passer aux Palladium.
Style « rugged » mais allégé pour le printemps.
Et puis après 4 mois en boots, t’auras eu le temps de choper des futals en conséquence.
Et à 50€ la paire, tu vas pas hésiter.

Et ça pour l’instant, ça échappe au mainstream.
Pour l’instant, mais c’est une question de temps, de mois ou de semaines.

Les godillots de l’évasion, de la rando pour les parcs parisiens.
Palliatif pour un métropolitain en manque de nature et de verdure, de grands espaces. Vendredi façon Robinson, c’est le samedi, la ville est une obligation de semaine. Fantasme de la vie sauvage et ses attributs. Ballade, châlet, sport de plein air, air frais, les racines sauvages et les p’tites bêtes dans ta tente de camping, sauvage aussi le camping, de préférence, c’est mieux, c’est… authentique.

On va tous finir par se casser en Patagonie comme Pagny. Florent.

Tu seras beau en Palladium au parc Monceau.