Promis, juré, molardé, on ne s’est toujours pas mis à écouter en boucle les rééditions de chants Waffen par la Serp, la société d’édition de Le Pen circa sa traversée du désert pendant les seventies.
À la fin d’icelles de jeunes à l’humour qu’on dirait douteux remirent au goût du jour le port certes balourd mais très efficace de la svastika pour choquer le bourgeois naze, on n’a pas dit nazi.
On ne fait pas la course au point Godwin.
Juste un rappel cultures jeunes.
Ici, les punks.
En prenant un exemple bien connu, celui de l’idole des moins jeunes d’aujourd’hui confortablement installés sur leur canapé Habitat en capacité de deviser sur la qualité photo d’Anton Corbijn : Joy Division et plus tard New Order n’étaient pas exactement des références aux anar de Barcelone ou à la colonne Durruti…
Ce n’est pas pour ça que les légions de fans de Manchester la grise considèrent alors la bande à feu Ian Curtis pour un ramassis de fafs. Au contraire : pour ces plutôt intello arty du post-punk, fascinés qu’ils étaient par les histoires d’horreur historique, c’était une façon de remuer le couteau dans la plaie.
En plus con et beaucoup moins intello, côté américain, dès les années 50 et les premiers pieds sur des planches qui glissent sur l’eau, des surfers californiens, peu enclins à partager leur wave avec d’autres mecs se constituèrent en gangs informels pour protéger leurs spots : c’est là le mouvement “locals only”.
Fierté géolocalisée.
Donc, pour faire peur aux mecs n’habitant pas au bon endroit mais désirant prendre leur vague, ceux qu’on appela les surf punks ou surf nazis adoptèrent le salut facho en guise de bonjour you aren’t welcome.
Loin, loin de la propreté Beach Boys et assimilés, dix ans après.
Histoire, toujours, de se donner des airs de méchants irrécupérables.
Exactement comme ceux qui traînaient plus à l’est du même état depuis 1948 à peu près, la Californie versant déserts de Gobie, chevauchant leurs brêles à moteurs pétaradants, grappe de marginaux et souvent vétérans de la 2è guerre incapables de se réadapter à la course de la société US vers la maison et jardin pour tous, aspirateur et frigidaire paradis sur terre.
Norton, Vincent et Harley déshabillées de tout superflu et le nécessaire, durites ou carburateurs, récupéré sur des carcasses d’avions de combat sans plus rien à bombarder, la guerre c’est moche mais pour ces gamins envoyés au front, un nouvel art de la guerre, leur guerre à eux super chouette, contre le système.
Raison de vivre sans raisons.
Constitution de mobs, pas le pluriel de mobylette mais gangs en anglais, micro contre-sociétés de bikers allant aussi se fringuer dans les surplus de l’armée.
Où l’on trouvait parfaits des casques de la Wehrmacht, c’était pour eux plus cool qu’un casque Ruby…
Adoption des sigles hitlériens pour signifier leur rejet total. Leur vomis du monde parfait que la machine était en train de bâtir à toute vitesse industrielle.
Et alors, pour revenir à nos moutons rasés comme des skins, la svastika est devenue un de leurs emblèmes et le drapeau affichant leur auto-promotion de leur exclusion volontaire du jeu social.
Il paraît assuré que l’origine de cette mode viendrait de la boucle de ceinturon que le père de Sonny Barger, fondateur des Hells Angels, lui aurait ramené du front européen.
Il trouva ça cool et très fuck you bien comme il fallait : “Quand je l’ai portée, ça a fait chier tout le monde. Rien de politique là-dedans. Juste une façon de dire merde aux gens ! Du coup tout le monde s’est mis à porter ça !”
Colifichets et breloques, tics et tocs underground.
Ceux qui en faisaient partie le savaient bien, langage commun, le gang de bikers noirs baptisé à la booze, les East Bay Dragoons par exemple. C’est pas de la quincaillerie nazie qui allait les empêcher de s’allier avec ces Hells naissant dans le même coin, Oakland, cette cité prolo et portuaire de la Bay Area.
Bref, ces signes très distinctifs d’appartenance à un monde très particulier est devenu au fil des ans une sorte de traditionnelles armoiries de ces chevaliers motorisés, en cuir, jeans, boots et taches de graisse sur le teesh.
Une sorte de secte anti-hippie pleine de sacs à vin et bonbonnes à dopes diverses et variées qu’il ne faut pas inviter à la maison.
Ni à Altamont quand la bande à Barger, invitée à maintenir “l’ordre” du concert gratuit des Stones, a poignardé un Noir sortant son flingue juste sous leurs yeux… Signant la fin de la séquence peace and love.
Mais c’est une autre histoire.
Si on s’écoutait, on reparlerait aussi de l’histoire du oï connoté néo-nazi pour ceux qui savent pas.
Pour ceux qui savent, ça aussi c’est plus compliqué : argot anglais, très pratiqué chez les cockney. Ouvriers et lumpen-prolétariat, notamment celui de l’East end londonien, donc pas forcément relié avec le bras tendu des boneheads.
Si t’as un jour écouté Dizzee Rascal quand il faisait de la bonne musique, son Fix up, Look sharp à cette époque épique commence par un oï tonitruant.
Et c’était pas vraiment de la nazizique.







1 réponse pour le moment ↓
1 MERCREDI | Hell's Kitchen // 6 September 2010 à %I:%M %p
[...] parce qu’il y a des Hells sur le flyer qu’il y aura des bikers et leurs bécanes garées devant la porte de chez [...]
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