La logique communautaire se revendique sans tabou outre-Atlantique.
Ce n’est pas John Harold Johnson, éditeur (Johnson Publishing Company) et homme d’affaire, qui dira le contraire.
Le premier Noir dans la liste des 400 de Forbes en 1982.
L’histoire commence en 1942.
Un constat : un paysage médiatique blanco-blanc. Nuit noire. John H. Johnson décide de fonder Negro Digest, un magazine qui se donne pour vocation de redéfinir la position africaine-américaine dans la société.
Pour mettre la structure en place, réunir des fonds s’avère nécessaire. Trouver un distributeur aussi. La tâche est difficile mais va finir par aboutir malgré des débuts laborieux. En 6 mois le magazine est tiré à 50 000 exemplaires
La ligne éditoriale est sérieuse, elle s’étale de la politique à la littérature. Le lectorat de base est une niche dans la niche, plutôt “black intellect”. Pas pour les chiens.
Soucieux d’attirer un autre public, il lance le magazine Ebony en novembre 1945.
Un Life revu et corrigé couleur café.
25 000 exemplaires sold out en moins d’une journée. 25 000 numéros supplémentaires imprimés pour répondre à la demande et 125 000 fidèles en plus chaque mois qui suivra.
Couvertures célèbres des noirs riches et… célèbres : accouchement d’un mythe.
Negro Digest sera alors laissé sur le carreau. Trop peu rentable, il meurt une première fois en novembre 1951.
Le même mois, un nouveau né dans l’empire JPC, Jet : “The Weekly Negro News Magazine”
Un magazine fast food tiré à 300 000 exemplaires.
Aujourd’hui, un tirage en millions.
Le succès de Jet et Ebony attire les annonceurs.
Découverte du pouvoir d’achat noir, l’argent n’a pas de couleur, une nouvelle cible marketing est née.
Dans les années 60 Negro Digest est relancé mais sous un autre pseudo, Black World.
L’aventure sera de courte durée, logique du marché.
Populaires, Ebony et Jet marquent l’histoire sociale des Africans-Américains. Deux miroirs d’une réalité noire. Idéalisée souvent, mais engagés malgré tout.
Jetlag édito-temporel :























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