PRATIQUANT DE LA TRINITÉ

Style
11 April 2010

Fin du XIXè siècle en Europe, la bourgeoisie s’amourache de sport.
Pas n’importe lesquels, vélo, tennis ou encore yachting.
Qui dit sport, dit tenue sportive, ou sportswear, tu te rappelles?

Nouvelle trinité.
Au nom de l’élégance, du pratique et du sport, amen.

Et il fallait un porte-drapeau, un porte-parole, un porte-redingote.
Et à ce sport, c’est le Royaume-Uni qui a gagné, bien soutenu par un staff technique français.

Le Royaume-Uni avait envoyé son meilleur joueur et ambassadeur, “Good old Teddy” comme l’appelait les cockneys, Albert Edouard de naissance, Prince de Galles à un mois, et Son Altesse Sérénissime à 60 ans, sous le nom d’Édouard VII.

Joueur à pédigrée.
Pas forcément athlétique, mais franc-tireur de l’élégance.

Un peu replet, il fallait adapter le drapé et le tissé.
Créateur et catalyseur de modes.

Redingote ouverte pour flatter la silhouette, pour mieux jouer avec les détails de gilet.
Pétage du dernier bouton de gilet en fin de repas, pour donner de l’aisance à la panse.
Geste simple, réfléchi.
Jeu d’allure pour style d’alors.

Et quand Édouard VII fait, l’Occident suit, au sens propre et au figuré.
Tailleurs et élégants se bousculent pour l’épier, pour le photographier, pour connaître les derniers styles, les derniers détails d’un look plus confortable.

Autre legs, le revers.
D’abord, look de joueur de cricket puis de joueur de tennis, pour finalement entrer en mondanité.
Sportswear casualisé par Édouard VII.
Deux mythes fondateurs se disputant, évidemment.
La pluie et le terrain trempé de la course d’Ascott contre l’écurie et son crottin.
Peu importe, le revers est fait.
Et l’essai est transformé.

Pantalon blanc, chaussures bicolores à Deauville ou au bord de la Tamise.
Habitude à tempérer, par respect pour la maîtresse de maison.
Car le retrousser le transforme en nids à poussières voire de boue.
Il faut donc quitter le revers dès le pallier passé.
Le style s’adapte au terrain et aux conditions.
On ne joue pas de la même façon à l’extérieur et à domicile.

Un revers, qu’il va se voir associé au pli de pantalon.
Latéral ou frontal.
Et avec forcément une histoire impliquant le Prince de Galles.
Pantalon trempé, filé à repasser, et rendu avec le fameux pli, frontal, cette fois.
Légende répondant à une autre, pas royale, cette fois, mais toujours gentilhomme.
Un oubli de pantalon, le temps d’une nuit, entre un matelas et un sommier.
Accident fortuit dont le fruit sera la fin de la poche au genou.
L’autre prince, joueur prussien, Frédéric Léopold, nourrit à son tour la légende de la poche.
Debout tout un voyage pour éviter de faire genou, d’après le Tailor & Cutter de 1898.

Le Prince de Galles est de toutes les modes et de toutes les légendes.
Il a contourné les règles pour affirmer son jeu, et le muscler.
Inventeur du fameux col HRH (His Royal Highness), un col cassé retourné grâce à l’aide d’un fameux tailleur français.
Démocratisation de la veste de chasse (et de vélo), la Norfolk, à ne pas confondre avec la Suffolk.
Adapté à son sport de prédilection.
Et lanceur d’un fameux imprimé rayé couleur craie pour le costume complet.

Devenu outil de marketing des tailleurs, fabricants et revendeurs.
Label de qualité.
“Porté par”, “vu sur”, et même “fumé par”.

Édouard VII consacre, tout simplement.

Icône de style pas vraiment orthodoxe.
Vie dionysiaque.
Moulin rouge, jeux d’argent et élégance pratique.
Pratiquant de la mode masculine de l’entre-deux-siècles, devenu arbitre.
MVP 1841 – 1910.

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1 réponse pour le moment ↓

  • 1 Les sacs Chapman | Hell's Kitchen // 30 September 2010 à %I:%M %p

    [...] du XXième siècle, début du look décontracté et sport au Royaume-Uni, confer le bon vivant Edouard VII. On chasse, on joue au cricket, on pêche : sports d’époque. Le besoin de sac pour transporter [...]

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