COOL & MADISON MEN

juillet 24, 2010 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Livre, Marketing, Société, Télévision

Bon, tu sais que Mad Men vient de reprendre.
Quatrième saison.
Bah c’est bien, on l’a dit.
On a fait trois lignes d’actu.

Mais si on te parle de Mad Men, c’est pour mieux te parler d’un autre truc.
Technique de l’entonnoir inversé, comme sur la tête d’un taré.

Parce que si ça t’intéresse vraiment ce monde de la pub, ce qui se tramait sur Madison Avenue dans les années 1960, alors on a un livre pour toi.

The conquest of cool: business culture, counterculture, and the rise of hip consumerism de Thomas Frank.

Titre accrocheur pour le hip que tu es.
C’est en le lisant qu’on avait découvert justement Bill Bernbach, la version originale et originelle de Don Draper.
Bernbach, le révolutionnaire, l’exemple de cette classe créative et de son avénement.
Le gestionnaire de comptes n’est plus enfant-roi, et le directeur artistique, et plus précisément le concepteur, quitte sa vie d’enfant-lune pour devenir Roi Soleil.
Et oui, parce que c’est ça la vraie trame de Mad Men, et Mad c’est pour Madison aussi, mais tu le sais déjà, non?

Le début de l’ascension de la Creative Class comme dirait Richard Florida.

Le début de la fin du cool aussi, marchandisation oblige.
La culture jeune arrive enfin aux oreilles de la classe dominante, et elle s’empresse de la retravailler pour mieux nous fourrer.
Et nous, petits chaussons aux pommes que nous sommes, on consomme.
On s’épanouit ainsi.
Hédonisme et consumérisme.
Contre-culture de masse.

On regrette seulement que Thomas Frank n’ait pas la plume de Lewis MacAdams mais son livre vaut le détour, malgré ce côté lourd.

Comme ça, t’auras un autre regard sur cette série.
Non, Mad Men, ce n’est pas simplement une série pour relancer l’esthétisme des sixties.
Il y a du fond, aussi.
À un moment, faut arrêter de mater les courbes nostalgiques de Christina Hendricks.

NIL NOVI SUB SOLE

juillet 20, 2010 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Marketing, Vêtement

La viditude du web.

Prenons l’exemple d’une collaboration dont on dit qu’elle déchaîne les passions.
Dit seulement, parce qu’à part présenter en 140 signes A.P.C. d’un côté, et Carhartt de l’autre, toute la toile spé en a parlé, pour ne rien en dire.
Pareil évidemment, sur les grands supports très nobles et très distingués, comme Le Parisien.

Près d’une année que la rumeur prenait de de l’ampleur sur la toile pourtant.
Mais une fois publique, la nouvelle a plutôt fait pschit. Même sur les forums, pas de vraies polémiques.
À peine dans les commentaires.
Au mieux, pour dire que Joey Starr est un sucker.
Mouais, nous ça nous rappelle surtout que la fille Touitou était les deux pieds dans le rap français à sa grande époque (H.I.P H.O.P. l’émission, puis Delabel), cette époque où les lascars venaient ambiancer les D.A. de maisons de skeuds affamés…



La filiation a du bon car il semble bien que cette collaboration soit l’idée du fils Touitou, comme l’an dernier avec Supreme d’ailleurs, l’anecdotique collab’, inoubliable car sommet de l’oubliable.

Pour parler de celle-ci, certains crétins présentent cette collab’ comme un match sur le terrain de coton entre France et USA…
C’est cela oui : à tous les coups ça marche, cette idée a été manigancée par Carhartt Europe a.k.a. Carhartt Streetwear, entité Vieux Continent de Carhartt US bien séparée.
La maison mère ne se risquera d’ailleurs sûrement plus trop trop à continuer sur la voie de la mode, après avoir reçu nombre de lettres incendiaires « j’suis pas cotisant d’un syndicat ouvrier pour voir Carhartt se transformer en marque de runaways », pour avoir voulu se la jouer en organisant des défilés.

C’est chez une autre population d’Amerloques que cette collaboration bicéphale va sûrement faire mouche : ces Ricains en mal de workwear repensé, de toile brune mieux taillée, de coutil de travail pour cols blancs. Ces ouvriers de l’écran.
Sachant leur éjaculation l’an dernier à l’arrivée de Carhartt Europe dans certaines boutiques US, plus la touche A.P.C. ici apposée, on voit mal autre chose qu’un gros bingo. Les familles de truckers vont être rassurés de voir leurs fils avec un logo de travailleur.



Au Japon, cela risque d’être une autre histoire de chiffons, puisque le terrain semble occupé et bien occupé par les collab’ Carhartt, Streetwear toujours, mais avec Watanabe – et l’on songe avec une larme de victime aux doudounes de l’an dernier, en pensant à celle de Fall WInter prochain pour se remettre d’appoint. Mais au regard du vivier de Japonais kiffant A.P.C., l’offre trouvera sûrement un débouché, comme dirait M. Jean-Baptiste Say.



Du coup, on repense au blog de Touitou sur Honeyee, où cette collab’ était annoncée dès le 26 juin, alors que la meute des gros poissons dans la piscine du web Mode Homme ont mis 15 jours à frétiller de la queue dessus… elle est passée où, la proverbiale réactivité du Net ?
On attend les CP officiels, exactement comme la presse d’avant : queue de poisson ?

Et on repense aux critiques plus ou moins virulentes de Touitou sur ce qu’on appelait dans le temps la blogosphère (cf. entre autres, son entretien avec Michael Williams d’ACL, tellement bien qu’il a été supprimé)… Rigolade par devers soi : A.P.C. n’aurait certainement pas le même statut aujourd’hui sans les onanistes du Net, capables d’en faire des tonnes, par exemple sur l’ouverture d’une boutique de la marque à l’acronyme en trois lettres, à Dover Street (Londres, pas loin du Market riverain).

Mais bref, avec cette capsule, A.P.C. devient le gentil colporteur, un Noé du prêt-à-porter offrant une sélection de co-brandés.
Plutôt que de se la jouer J.Crew et de simplement distribuer.
Mercatiquement parlant pour A.P.C. et politiquement pour la marque au C, la collaboration est le point optimum dans l’équation de la distribution.

Nil novi sub sole : rien de nouveau sous le soleil.
Autrement dit : sert pas à grand-chose pour les Européens. Il en sera autrement pour les Nippons et les Ricains.

À SA FACON

juillet 5, 2010 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Marketing, Vêtement

Vous le savez, vous ne le savez peut-être pas.
Vous vous en foutez comme de l’an 40 ou alors vous êtes une tête de jean, toujours mieux qu’une tête de pine.
Mais, Edwin Europe a lancé, il y a de ça quelques mois, un projet répondant au nom de Tinker Tailor Ltd.

Une idée simple et efficace, n’ayant finalement rien à voir avec Denim Debate.
C’est pas un championnat de délavage, non, non.
Pas question de savoir qui a le plus beau, qui a la vie la plus adaptée afin de bien délaver.
On ne débat pas, on collabore, avec Edwin.
On travaille pour user en beauté, pour offrir un objet singulier.

Et ce n’est pas non plus un truc de nerd pour les nerds, ce n’est pas Internet qui regarde Internet.
Pas de branlette ici.

Le Ed-77 de Patrick Guidot

Choix de gens aux horizons différents, aux activités différentes, aux localisations différentes.
Pour délaver différemment de la toile denim brute.
Fatiguer du coton teint à l’indigotier à sa façon, qu’on soit barman, chanteuse, directeur de salon, peintre, ou comme l’un de nous, assis dans un bureau à essayer de ne pas s’ennuyer.
Usé sur une chaise, sur une moto, sur des scènes, le jour, la nuit, à Berlin à Paris ou au fin fond de la Biélorussie.

Kasi dans son Ed-47

Comme dirait Michel Serres, salir, c’est s’approprier, et c’est là, que vient tout l’intérêt de ce projet.
Commanditer des anonymes qui vont s’approprier les jeans pour offrir un vêtement travaillé personnellement.

Des jeans qui seront ensuite récupérés pour être produits avec ce délavage, cette usure si particulière.

Tinker Tailor Ltd., un projet exprimant des façons de vivre, des façons de porter et donc des façons de délaver, de salir.

Un peu comme Burger King qui te dit simplement de « Have it your way ».
Arrête « de vivre et dormir devant un miroir », le jean n’est pas dandy.

Merci Edwin de nous faire participer, même si on a tardé à montrer notre gratitude.
En retard pour la bonne cause.

CASSDÉDI

juin 16, 2010 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Jeux, Marketing, Vêtement

On n’en a jamais parlé jusqu’à maintenant mais parmi certains des ici présents, ça joue.
DS plus que PSP, Nintendo nique Sony, mais c’est un autre sujet.

Le sujet c’est la venue, demain matin note bien, d’une sorte de madeleine pas loin de la Madeleine : mister Hideo Kojima himself au flagship Uniqlo.
Si, si : le concepteur de Metal Gear.
Idole interplanétaire de la planète gamers.

Ça nous rappellera cette époque de la sortie du premier Metal Gear sur le Commodore du voisin, le premier jeu d’infiltration avec la fameuse boîte en carton pour se cacher sa carcasse de Snake des sbires de Big Boss, nous faisant passer la pilule amère de l’arrêt de la CBS Colevision.

Mais bref, Kojima à Paris, comment cela se fait-ce ?
Via l’opé de ces Japonais très futés d’Uniqlo avec Konami sur la nouvelle version de Metal Gear Solid : Peace Walker dont on se fout un peu beaucoup – tout le monde geek s’accordant à dire qu’il ne casse pas trois pattes à un canard bourré au saké.

C’était l’émeute à Tokyo quand le sieur est venu faire la même au pays, on attend de voir combien de pelés vont venir à Paris.

Explications pour les gamers à fond – même si les fans de chez fans ont déjà participé au jeu concours lancé en ligne par Konami pour gagner un Metal Gear Solid nouvelle version ainsi qu’une … PSP et une invitation au lancement officiel VIP je veux mon neveu : tous ceux qui veulent rencontrer Hideo Kojima pour une petite dédicace devront se rendre dans un des magasins Micromania pour se trouver un bracelet, sésame pour la signature pratiquée ensuite entre 11:30 et 13:30 chez Uniqlo.

17, rue Scribe dans la 9è pour les nerds qui savent toujours pas s’habiller cool et pas cher : ils devraient y aller, il y a des t-shirts MG rien que pour eux.

Dont ceux-là, dispo depuis une semaine presque :