LE BAZAR DES POILUS #2

Style
16 janvier 2012

On est du genre à utiliser ce site comme une capsule de décompression autant qu’une plateforme de partage, histoire de crier « monde de merde » tel un Georges Abitbol mourant tout en s’époumonant afin de promouvoir les roses poussant sur le fumier ambiant.

Ceci dit, on s’est calmé pour différentes raisons, mais parfois une sortie est nécessaire. D’autant plus quand elle colle à notre actualité.
Il arrive en effet que nous nous déplacions de la virtuelle virtualité à la réalité, de temps à temps, point trop n’en faut non plus : slow blogging, nouvelle notion pro domo et pas qu’un prétexte poils au menton et un seul et bien gros dans la main.

Notre actualité du moment, c’est la seconde édition du Bazar des Poilus, ce magasin éphémère en collaboration avec la boutique lyonnaise Leonard, mettant en avant les modes d’antan, celles de 1890 aussi bien que celles de 1980.
90 ans de modes masculines, de vêtement de travail ou militaire, de chaussures champêtres et autre habillement d’extérieur.
Du vintage masculin, principalement européen pour synthétiser.

Or les produits de synthèse font parfois de drôles de chimie dans les têtes : d’une définition plutôt claire et du noyau moléculaire, beaucoup d’électrons pleins d’arrière-pensées se sont échappés afin d’utiliser ce mot, « vintage », pour tout et de plus en plus pour rien.
Gaz moutarde qui monte au nez.

Si l’on s’en tient à son origine, il ne s’agit que d’une appellation désignant un porto de vingt ans d’âge, tout simplement parce que les Anglais raffolaient alors du vin portugais. Ricardo, pas Carvalho mais David, le savait très bien et lui, c’était pas un narvalo.

Bref, essayons d’en rester à nos moutons dont on fait la laine avec des fils : essayons de parler de vêtements historiques ou, s’ils ne sont pas tous des pièces de musée, au moins de vêtements ayant une histoire.

Ce fil dont on fait les tissus qui permet de remonter le temps et de renouer avec la généalogie de la confection et des modes de production textile qui, si elle venait à disparaître, mettrait la Mode d’aujourd’hui en position un poil difficile.
Car le vêtement a toujours un cousin issu de germain, plus ou moins facile à retrouver.
Certains ont la généalogie facile, d’autres moins.

Et si une autre généalogie est devenue centrale, celle de la chaîne de production, c’est bien pour des questions de traçabilité.
Oeil de boeuf sur le monde.
Surtout en cette période de grands questionnements sur les notions de qualité et de made in quelque part comme en France. Surtout quand même les produits industriels façonnés sur des kilomètres de lignes de production, par exemple le vêtement militaire, garantissait une durabilité. C’était même leur raison d’être.

Comme d’autres on créait le concept de slow food, on devrait peut-être remettre au goût du jour celui de slow fashion, en opposition à la mode jetable et saisonnière, ou fast fashion.
Une autre façon de penser et in fine, de s’habiller.

Conçu pour durer, pas comme Loana.
Rien que ça.

Il vous suffira, par exemple, de prendre en main les chaussures que l’on va vous présenter en ce Bazar des Poilus seconde édition pour palper concrètement ce qu’on vous raconte là.

Parce que oui, la seconde fournée de notre Bazar sera dans la lignée de la première mais perfectionnée : toujours autant de workwear français introuvable en temps normal de vintage commun, toujours plein de militaire aussi car ce serait ballot de pas insister sur les deux mamelles nourricières du vestiaire masculin.
Et une nouveauté : du technique historique, du vieux Gore-Tex et compagnie K-Way et caetera.
Et caetera.

Chaque pièce aura une histoire voire deux, celle de la production pour le deadstock, celle de la production et de la consommation pour l’usé.
Le vêtement usé par les pratiques sociales de son propriétaire, une esthétique de la souillure, en somme.
On pourrait s’égarer juste là maintenant, mais non : aucune frusque n’aura moins de trente ans et certaines seront plus vieilles que feu Jeanne Calment. En moins fripée, évidemment.

Enfin, détail métérologique : ce Bazar des Poilus #2 se tient toujours au Jules & Jim, mais au chaud.
Dans un espace couleur potiron.
Les potes iront.

NOTA BENE : une journée professionnelle ouvre cet agenda, le jeudi 19 : si vous souhaitez y être convié, adressez-nous un e-mail à cette adresse : bazardespoilus(at)hellskitchen(dot)fr
Avec votre qualité svp.

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