L’ENFER DE NOËL

Cinéma
22 décembre 2011

Si toi aussi, Noël te fait vomir avant même le dernier praliné façon Sens de la vie, tu n’es pas encore allé acheter tes cadeaux. Le dernier rush c’est toujours pour toi.
Mais quand faut y aller, bah… faut y aller, malgré toute ta mauvaise volonté.

Faut dire que rien qu’en pensant à ta soeur intello-gothique qui trouve les emo de la rue Keller « clairement ringards », t’as mal à la tête d’avance à l’idée de te creuser les méninges pour lui trouver un truc qui lui fermera le clapet.
Sans parler de ton papa cinéphile qui pleure encore sur le déménagement de la cinémathèque au pays des cadres un peu supérieurs mais très moyens de Bercy, pour lequel ça devient compliqué de dénicher un dvd qui lui arrachera un signe d’enthousiasme.

On est vraiment gentil avec toi, voilà l’idée qu’elle est bonne : la réédition de Häxan -La Sorcellerie à travers les âges, film scandinave sur les sorcières, de Benjamin Christensen.

Film n’est pas vraiment le bon terme d’ailleurs, fiction avec propensions docu serait plus juste, en tout cas objet ciné non identifié et très avant-garde pour son époque (1922), remontant l’histoire des sorcières pour se focaliser comme il se doit sur la genèse très chrétienne d’une représentation qui désigna aux foudres de l’Inquisition ce groupe de possédées par le Malin.
Notamment en se penchant sur l’approfondissement de la chasse aux sorcières à l’orée de la Renaissance, et le rôle joué en particulier par le célèbre Malleus Maleficarum, avec un luxe de détails se voulant le plus descriptifs possibles, par tableaux, de ce qu’elles ont pu subir.

D’où les scènes pas piquées des vers dont on fait les tripes pourries, et du même coup l’étiquette de film d’horreur collé sur Häxan. Ou Heksen aussi parfois.
Une chasse à la femme démoniaque, forcément démoniaque, finalement mise en parallèle avec l’actualité d’alors et les traitements psychiatriques sensés guérir les malades de l’époque.

Un coffret dvd avec trois versions dans la boîte, dont la « fameuse » de 68, raccourcie par rapport à l’initiale et sur laquelle furent embauchés Burroughs et son art de la stance, ainsi que Jean-Luc Ponty façon free jazzy darky ou quelque chose d’approchant.

Une curiosité, financée par Agnès B et une des meilleurs boutiques de DVD de Paris, Potemkine.

Et là, tu penses à cuirassé, puis curaçao la liqueur et tu te dis que t’en sors pas, du vomi.

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