The Take en anglais, ça veut dire les affaires. Pas celles de la City, mais le biz’ de la rue.
En gros, celui des gangsters pour parler anglais, parce qu’on va parler d’une série made by Sky1 passée inaperçue ici.
Normal, chez nous on ne regarde pas ce qu’il sort de chez l’Albion perfide alors qu’on ferait mieux – même si Braquo c’est bien, ça reste une adaptation locale de The Shield, faut pas déconner.
On ferait bien aussi de lire leurs livres. On parle pas de Martin Amis, mais de Martina Cole. Bonne dame forte en gueule et rejetée du milieu littéraire.
Ce qui ne lui fait ni chaud ni froid, à Martina, vu tout le flouze qu’elle s’est gagnée – on aime sa répartie, traduite façon traduction libre : »qu’est-ce que je m’en bats les reins de leur Booker Prize, ça me permettrait à peine de m’acheter des clopes sur une année… ».
Ici et là-bas, la même condescendance : polar rime toujours avec roman de gare, populaire avec rien pour plaire, aux hautes instances de la haute Culture.
Et c’est sûr que le milieu qu’elle décrit dans son roman et qu’on voit à l’écran, car la série en est une adaptation, c’est pas les minets de Chelsea.
Plutôt des lads de West Ham, un des anciens quartiers à docks de Londres, cet East End mal famé fameux. Dont ce district de Newham, encore aujourd’hui l’un des plus pauvres de Londres même si en train de se faire ravaler par les travaux des J.O.
Sauf que The Take ne s’étend pas sur le contexte, pas le temps en 4 épisodes passant sur à peu près 15 ans.
Quinze ans de relation entre deux potes au départ frères de quartier et au final frères de plus en plus ennemis.
Tragédie grecque et compagnie, peut-être mais n’y allons pas trop fort toutefois, même si le scénario focalise à peu près tout sur le cadre « familial », avec les femmes de chacun, soeurs pour de vrai, dans la série, pas dans la vie.
Et dont le sens familial va se retrouver quelque peu mis à l’épreuve quand Jimmy va prendre le pas sur Freddie, à partir du moment où il se voit confier par le papa de son autre famille, celle de la truanderie, la gestion du trafic d’ecsta.
Ascendance du mec qui en a plus dans la tête que dans plus bas sur le corps masculin…
Le petit Jimmy pourtant timide au début des années 80, encalminé dans un boulot de loser et qui attend à sa sortie de prison Freddie, le beau gosse foutraque déjà au top : quatre ans de cabane, la meilleure école du crime, repéré et couvé par Ozzy, le parrain tirant de longues années et bien des ficelles. Joué par Brian Cox toujours aussi bon quand on a la chance de le voir.
En parlant d’acteur, on peut dire que la série est tenue de bout en bout par les prestations assez folles de Tom Hardy, le gars qui monte.
Rappelle toi Bronson, regarde si tu veux Warrior et attends de le voir la fin de la trilogie Batman par Christopher Nolan : The Dark Knight Rises.
Même si on a pu lire qu’il surjouait l’accent cockney – et on avoue qu’on n’est vraiment pas calé sur les différences d’accent londonien, on comprend rien au mancunien non plus – on s’est aperçu en lisant sa bio que le Tom Hardy était l’acteur idoine pour pas commettre d’impair dans son jeu : petit délinquant, mannequin aussi et accro au crack pendant des années avant de se calmer et apprendre à jouer, il avait tout pour incarner au mieux ce Freddie…
Brute épaisse avec un cerveau au milieu de la graisse et des biscotos mais dont il ne se rappelle la présence qu’un peu trop tard, à la faveur d’un événement familial on va dire hardcore, glauque on peut dire en français, réminiscence de faits-divers typiquement britanniques qui défrayèrent la chronique il y a une petite dizaine.
Bon, on va pas te raconter non plus. Regarde.
Bonne patate pour les yeux.






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