
Playmate – exploitation – drogue, le trio qui fait boom.
Triangle des bermudes, le lapin comme tremplin pour une vie meilleure qui se termine toujours en eau de boudin.
Triptyque triste, faut souffrir pour être belle et caner vite, passeport simplifié pour la beauté ne risquant plus de faner.
Crémation et congélation.
Et quitte à cramer, autant se camer pour faire ça vite et bien.
Nouvel exemple type : Claudia Jennings.
Rousse à tâches, une des 25 playmates of the month mortes prématurément.
Elle plus particulièrement, à tout juste 30 ans, alors qu’elle prenait enfin le droit chemin.
Dure à éviter, la destinée troisième oeil des beautés séries B.
Gamine intelligente, college dropout malgré un cerveau tournant pour le moment rond comme ses nichons, rêve d’actrice et de vie facile.
Elle tourne le dos à Chicago, petit appartement à L.A., de casting en casting, un peu de théâtre, mais le besoin d’un job alimentaire pour manger des épinards avec du beurre se fait sentir.

À jolie minois, bonne fortune, elle est embauchée en tant que réceptionniste chez Playboy.
Un an plus tard, en 69, année érot(r)ique, elle passe de derrière le comptoir à devant l’objectif, celui de Pompeo Posar, qui a aussi immortalisé Cynthia «gros lolos» Myers.
Pas comme Jennings, première fille maison à poitrine moins imposante, plus longiligne que ces précédentes consoeurs, annonçant le changement du canon de beauté.
Le début de la fin des gros seins dans le magazine au lapin.
Pour un moment, le temps qu’apparaissent les implants.
Playmate of the Month novembre 1969, Playmate of the Year dans la foulée, 1970, année de la saucisse.
Playmate la plus populaire de la décennie, et pas pour la raison contestable de vague ressemblance avec Sharon Tate, morte quelques mois plus tôt.
Rousses et fines, rien d’autre de commun.


Si elle est devenue une icône, c’est surtout pour ses rôles dans des films de très seconde zone, toujours dénudée.
Rôles bidons, excuses pour montrer ses nichons tout au long du film.
Elle attend désespérément des jours meilleurs, un rôle dans la suite de Valley of the Dolls qui n’arrivera pas, tout comme celui de Wonderwoman. Elle se tape alors Bobby Hart, du duo Tommy Boyce & Bobby Hart.
Galère toujours pour s’imposer dans le «vrai» ciné, être reconnue pour autre chose que son minois et ses nénés. Recalée donc de Wonderwoman en 1975, séparée de Bobby Hart dans la foulée, elle apparait dans The Man Who Fell To Earth, flirte avec Bowie et partage avec lui des psychotropes… Entre autres.
Début d’une descente aux enfers, à base de différentes drogues dures.
Elle joue pourtant dans The Great Texas Dynamite Chase (aka Dynamite Women) mais elle se blesse, perd 5 kilos en deux semaines, se défonce pour finir le tournage. Elle erre dans la drogue et dans l’anamour. Film pourtant génial malgré les difficultés du tournage.
Elle continue à balancer clichés sur clichés au patron, Hugh Hefner. Cadeau pour les mirettes, archivage photo d’une détérioration de sa santé à coup de godets et de cachets, au point de voir son corps devenir maigrelet.
Cocaine dans les veines, vie nocturne tourmentée, elle devient de plus en plus difficile à gérer.
Son dernier film : Fast Company, le moins bon des Cronenberg, le plus normal. Elle pense alors obtenir le rôle de Kate Jackson dans Drôle de dames, mais sa réputation la précède, et l’occasion lui passe sous le nez, comme tous les grammes qu’elle a tapés. Le dernier rocher sur lequel elle pensait jouer, la moule s’effondre. Sa vie privée ne va pas mieux, elle se tape un agent immobilier véreux et coléreux, Stan Herman.



Électrochoc, elle décide de se prendre en main, d’arrêter tous ses trucs malsains. Elle lâche les drogues et son bonhomme.
Le 3 octobre 1979 au matin, elle part chercher ses affaires pour tourner enfin la page et tenter de perdre cette étiquette qui gratte de poupée dénudée, mais à peine la tête relevée, elle s’endort au volant de sa coccinelle décapotable, un van lui rentre alors immanquablement dedans.
Pas de drogue dans le sang pourtant ce matin-là sur Topanga Canyon Boulevard, si elle en avait eu, elle serait sûrement restée éveillée.
C’est ballot.
Descente du Styx sur fond de sexe, morte à même pas 30 ans, 29 ans et 10 mois.
Le temps de mettre tous les gars en émoi.
En 10 ans seulement.
PS : Méga bonus.















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