MONTAGNES RUSSES DE LA VIE

Musique
27 août 2010

On vous parlait de Tourist Trap il n’y a pas longtemps.
Avec Tanya Roberts dedans, jouant comme une casserole une des filles de ce petit groupe de jeunes partant gaiement en randonnée dans les prés et les collines, mais tombant malencontreusement en panne, une caisse après l’autre, microclimat pas bon pour les voitures, dans un coin tu crois que c’est le paradis rupestre mais en fait, ça va être l’enfer.
Un enfer de cire géré par un redneck (Chuck Connors) qui se remet pas d’avoir été refusé après entretien au musée Grévin.

Merde, on s’était promis de pas rigoler, on a déjà commencé : c’est vrai, on se croit toujours obligé de se forcer à la bonne humeur quand on parle de séries B, C ou Z… héritage Jean-Pierre Putters certainement.
D’un autre côté, parler de ciné bis façon cinéphiles se branlant la nouille et le cervelet comme aux Cahiers, pas drôle effectivement.

Bref, on a commencé mais on va pas finir, on veut pas parler de ce film très estimé par la smala des esthètes ès freaky movies – vous pouvez en lire des chroniques ici ou – mais de celui qui en a fait la bande-son.

Pino Donaggio.
Compositeur italien moins connu que Piero Piccioni ou même un autre Piero, Umiliani.
Et surtout, dans ce secteur des films d’horreur, nettement moins respecté que les Goblin – dont vous n’êtes pas sans savoir depuis le temps que certains Parisiens dans le coup il y a 3 ou 5 ans, ça dépend de ton échelle bégueule, se sont bien servis.

Parce que Pino s’est retrouvé à composer pour beaucoup de films de ce genre relégués aux vidéothèques spécialisées puis secteur DVD only ou dans le trou du cul de ces serveurs qui donnent des hémorroïdes à l’Hadopi.

Sauf quand c’est De Palma à la baguette… quoique. Mais bref bis : Pino Donaggio a beaucoup travaillé avec De Palma.
Le thème de Carrie, c’est lui, eh oui.
Comme tout le soundtrack du film.

Donc question métaphysique : pourquoi Donaggio n’est-il pas plus adulé ?
Mystère et boule de gomme.

Mais attention, Pino n’est pas un talent à jamais pas reconnu pour sa valeur.
En d’autres termes : pas une vraie vie de loser. Car même finissant cantonné par les manuels en deuxième division des compositeurs de B.O., le mec était assis sur un petit tas d’or de droits d’auteur.

Tout à fait : ayant aussi chanté sur des compo à lui, il a réussi à braquer les charts avec son hit : Io che non vivo, un petit tube bien romantique à souhait et à grosse orchestration que Charles Aznavour aurait sûrement beaucoup aimé chanter.
On parle de 80 millions de disques vendus… Petit gros, le tas, donc.

Dusty Springfield et évidemment Elvis « king kong of the reprises » Presley, en ont bien profité.
Aussi.
Quand la bouffe est bonne on veut du rab’.
Dicton calabrais.

Et c’est ainsi qu’on finit par s’imaginer rencontrer Pino pour lui demander ce que ça fait, de fréquenter le très haut et le très bas.
Ça fait peut-être un peu mal au coeur.

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