
On vous parlait, il y a quelques jours, de Gidget.
Un navet pour faire rire minettes et minets à l’orée des années 1960.
Navet certes, et surtout vecteur de démocratisation d’un sport encore mal vu débouchant sept ans plus tard, sur LE documentaire, The Endless Summer.
L’été sans fin, si tu préfères.
Et là, c’est plus la démocratisation mais l’explosion.
En 1966 donc, Bruce Brown réussit enfin à sortir son film, après différents projets dont Waterlogged, une compilation des ses shoots de 1958 à 1962.
Aucune boite de production n’y crût, pas grave le D.I.Y. existait déjà.
Il organisa alors lui-même une projection en plein air du film dans la plus grande ville du Kansas, Wichita, avant de finir par louer un ciné new-yorkais, où le film resta programmé une année.
Résultat, un film à 50 000$ qui en rapporta 20 millions….
Certains ont dû se bouffer les couilles, crues et sans sauce pour ne pas altérer le goût.
Une peu de contexte et puis s’en va, parlons textes : narration, image et chanson.
On passera la première sous silence, un racisme latent l’animant mais difficile d’avoir un autre ton dans l’Amérique des années 1960, soyons franc.
Visuellement, beau, malgré quelques plans sur les deux protagonistes en costume ambiance Blues Brothers, mais fallait bien polisser l’image de l’ado en marge.
Des images pour vivre l’été tout l’année peu importe la localité.
De l’exotisme depuis le confort de ton canapé.
Une bande son par The Sandals (un nom bien chaussure…), surf rock parfait pour se plonger dans l’ambiance, permettant d’oublier de temps en temps ce narrateur qui a sincèrement dû voter Reagan l’année de la sortie pour lui offrir le poste de gouverneur de Californie.
Et même si l’action est jouée – non ils n’ont pas parcouru à pied les dunes à ce rythme – il faut reconnaitre que le film a jeté les fondations de la culture Surf, mais aussi des autres sports de glisse : la recherche du spot parfait.
En plus bien sûr, de vivre un été sans fin.
Et voilà comment le signifié se mêle au signifiant, mettant en forme le mythe du surfeur libre de toute attache, hédoniste et altruiste.
Youtube, toujours dans les bons coups, nous offre le documentaire dans son intégralité.
Ça te fera rêver pendant les jours gris, t’imaginant à leur place, alors que finalement, toi le surf, tu ne le connais pas autrement que médiatiquement.
Et nous aussi, rassure toi.



1 réponse pour le moment ↓
1 whereisthecool // 16 août 2010 à %H:%M
Malgré le côté esthétique évident du premier volet, il ne faut surtout pas négliger le deuxième opus avec Pat O’ Connell et Robert Wingnut, partant à la rencontre de Gerry Lopez, Robert August (un des deux surfeurs du premier volet), le demi-dieu Laird Hamilton (qui vient malheureusement de se vendre pour la J12 Marine de Chanel, comme quoi personne ne résiste), Tom Curren et bien d’autres..
Le fils de Bruce Brown a réalisé un troisième opus Step Into Liquid, mais je n’en ai aucun écho..
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