Maintenant qu’on est dans le foot quand plus personne n’en parle plus et surtout pas Rama Yadelafriture, autant revenir sur le plus grand footballeur de la Selaçao.
Non, pas Pelé. Garrincha.
Pas Pelé, parce que c’est comme ça.
Parce qu’il nous les brise sévère le do Nascimento, comme un Kaka tout dur avec ses histoires de catéchisme évangéliste, l’ego scandalisé par la concurrence dans sa course à la première place dans l’Histoire du foot avec l’ancien pote de la Camorra (une rumeur a couru qu’il reviendrait à Naples, comme entraîneur… ils veulent le tuer là, le petit gros).
Ce Pelé qui ose même dénier au Pibe de Oro le droit d’être dans la course parce que le petit taureau à la nuque longue n’est pas un modèle de vertu : principes à la façon de notre poète gaulois, le Rolland des ronces et des veaux, Thierry de son prénom, évangiles selon saints Bouvard et Pécuchet qui condamnent encore aujourd’hui le gaucher interspatial pour ses manières de toxico.
Apparemment les Chrétiens ne sont pas aimables aux pécheurs. Comprenne qui pourra.
Mais foin des grenouilles de bénitier ou des crapauds du micro.
Garrincha, de son vrai nom à rallonge Manoel Francisco dos Santos est un enfant de la balle, un petit mecton jouant dans le ruisseau, l’air souffreteux.
Pas la rate qui se dilate, mais la colonne (vertébrale) de traviole, une jambe plus grande que l’autre et un pied et un genou tordus, d’où un de ses surnoms : O Anjo de Pernas Tordas, l’Ange aux jambes tordues.
La source de son chaloupement et de son fameux crochet du droit, cette danse de Saint-Gui qui rendaient les défenseurs tout d’un coup fous dingues face à ce petit trapu boiteux.
J’avais lu petit dans un livre d’histoire à la Saccomano (z’êtes tarés, iTélé…) qu’il avait toujours ce même dribble, je crois que c’était un peu exagéré.
Regardez au moins le générique de la première vidéo sur les trois parties retraçant sa biographie balle au pied.
Les médecins lui avaient conseillé une opération lourde du genou, mais la blouse blanche de la Seleçao lui a heureusement épargné le bistouri charcutier.
Mais il fallût qu’il soit très, très fort pour arriver jusqu’à rencontrer ce médecin charitable : personne ne voulait de lui quand il était gamin, on prend pas un estropié dans les centres de formation (rappel de la bio Platini : trop maigrelet et chétif, lui aussi fut refusé par le club de sa ville, le FC Metz, pour se retrouver à Nancy… exactement le même délire que tous les recruteurs français actuels qui privilégient les armoires athlétiques aux gringalets méphitiques).
Son talent hors normes lui ouvrit toutefois les portes du Botafogo FC en 1953.
Vraiment hors normes, le gars Garrincha, sur le terrain comme parmi les siens : déjà alcoolique à 17 ans à ce qu’il paraît, il est aussi le grand-père putatif de tous les Ronaldinho et autre Adriano : accro à la chatte.
D’où ses ennuis avec l’épiscopat brésilien quand il largue sa première femme et ses sept enfants pour une gloire de la samba : le peuple voudrait des modèles, il veut des idoles qui lui ressemblent – et me parle pas de populisme s’il te plaît – il y a encore des jeunes de là-bas et de maintenant qui portent un t-shirt à son effigie, vu de nous yeux vus.
Car c’est lui qui emmène le Brésil sur la route du titre suprême en 58 en Suède mais on ne parlera plus tard de cette année que comme celle de l’arrivée de Pelé sur le circuit.
Quatre ans plus tard, il a bien fallu se rendre à l’évidence : Pelé blessé, c’est encore lui qui gagne le Mundial à lui tout seul presque, conduisant les Auriverde sur la route du doublé en 1962 au Chili – doublé jamais renouvelé par une autre équipe depuis.
Mais l’alcool, les femmes (et le reste sûrement…), ça marque son homme.
En 66 en Angleterre, il n’est plus que l’ombre de lui-même, Botafogo l’avait déjà renvoyé à coups de pied au derche en ayant capitalisé et enfermé dans une cage celui qui avait le nom d’un petit oiseau (sic pro domo et explications : un garrincha est un oiseau chantant des tropiques) : le Real et la Juve le voulaient, il ne viendra jamais.
On ne transférait pas de joueurs locaux à l’époque de la dictature militaire… Seul Kissinger y arrivera plus tard pour Pelé chez les yankees.
Grandeur et décadence forcément, même le Red Star a pu faire croire qu’il allait importer un vieux (à l’échelle footballistique) Garrincha à St Ouen, c’est pour dire.
Il mourra jeune : 48 ans.
In memoriam.







2 réponses pour le moment ↓
1 LE MONSTRE DU YORKSHIRE | Hell's Kitchen // 30 juillet 2010 à %H:%M
[...] gueule alcoolique (et encore un…), ambitieux et idéaliste et ce n’est pas forcément antinomique mais par contre très [...]
2 LE DÉMON DANS SA PEAU | Hell's Kitchen // 10 août 2010 à %H:%M
[...] oeuvre et sa vie : alcoolo dès son plus jeune âge (lui aussi), travailleur de nuit boutonneux pour ramener de la thune à la maison ravagée par la Crise, [...]
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