
On ne parle pas assez souvent de livres ici.
Non pas qu’on n’en lise pas, mais plutôt parce qu’on a une certaine tendance à ne pas vouloir les partager.
Un peu comme cette histoire d’eBay, tu te rappelles>?
On essaie de se soigner pour se mettre à partager sans pour autant passer pour des altiers, cf un autre post, littéraire celui-ci….
Donc en voilà un, un livre au sujet americano-français pour les buveurs d’Americano et les fumeurs de Gitane, mais pas seulement…
Kristin Ross est une académicienne, spécialiste de la littérature et de la culture françaises.
On pourrait vous parler de son livre sur Mai 68 ou de ses écrits sur La Commune et Rimbaud.
Mais pas cette fois, plus tard peut-être.
Nos intérêts nous ont plutôt poussés à ouvrir « Fast Cars, Clean Bodies: decolonization and the reordering of French culture » ou en français : « Rouler plus vite, laver plus blanc: modernisation de la France et décolonisation au tournant des années soixante« .


Un livre en quatre parties : voiture, propreté, couple et homme nouveau.
Les années 1960, moment de rupture dans l’ère moderne, pour justement passer à la postmoderne.
Un parallèle entre l’Amérique et une France en pleine mutation.
Un parallèle tracé à travers la consommation culturelle des produits de l’Oncle Sam : cinéma, voiture, personnalités ou presse.
Entre autres.
Et plus qu’un simple parallèle, une influence latente d’un pays sur un autre, le nôtre en l’occurrence, comme le traduit le choix du Général en 1966 de sortir de l’OTAN.
Bref, la politique n’est pas le sujet de ce post.

Mais si tu veux comprendre pourquoi notre doux pays a les yeux tournés vers l’Ouest, tu ferais bien d’aller faire un tour chez ton libraire préféré pour le commander.
Que ce soit dans le cinéma français avec la Belle Américaine, dans la presse avec ELLE dont la fondatrice, Hélène Lazareff, a passé cinq années aux États-Unis avant de revenir avec un concept tout importé, ou le couple Servan-Scrheiber et Giroud….
On en passe et des meilleures.
Johnny n’est pas le meilleur exemple de l’Amérique à la française, fort heureusement….
Et ce changement post-colonisation, post-seconde guerre avec le recentrage sur le quotidien, la maison comme cocon familial, et la voiture comme cocon individuel.
L’obsession de la propreté pour se laver de son passé…
Puis finalement, l’avènement d’un nouvel homme, au moment même où tout se voit affublé du terme « nouveau » et notamment cette Nouvelle Vague, pas seulement cinématographique, mais englobant plus généralement la nouvelle culture jeune et ses différentes formes d’expression.
Un nouvel homme aux multiples facettes faisant désormais face à un autre nouvel homme, le colonisé, fraîchement anobli, passant de sous-homme à concurrent émergent de l’homme blanc.
Une nouvelle perspective donc renforcée par l’émancipation féminine ou encore le nouveau monde du travail bien présenté dans « Les Vacances de M. Hulot » le film de Tati.
Bref, une pièce majeure de l’étude de la société française.
On va pas te la raconter en large et en travers.
Achète ou emprunte, comme tu veux.
Mais lis le, on se comprendra mieux, tu verras.
Et puis, ça t’occupera sur la plage cet été, et tu pourras te la raconter auprès des pépés écervelées en mettant en avant ton capital culturel pour mieux briller avec le subculturel une fois venue la soirée.
Et pour les vrais nanas, bah alors là mon gars, démerde toi.




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