Maintenant que Bigeard est mort, le jour du 18 juin, coïncidence bidasse, on peut avouer que l’on verse dangereusement par ici dans le fana-mili.
Pas seulement parce qu’on est capable de se branler sur la veste d’Eisenhower… Mais aussi parce que enfants devenus adultes restés enfants, on prend autant de plaisir à regarder The War sur Arte l’an dernier que jouer aux petits soldats – enfin ça, c’est juste pour filer la parallèle, moi je me rappelle juste de mes Playmobil sur ma pelouse avec mes copains qu’on imaginait avec beaucoup d’imagination aussi vener que les tranchées de Verdun.
Alors donc, à force de lire les explosions de foutre joie sur pas mal de twitters et autres trucs de l’Internet US que la nouvelle série produite main dans la main entre Spielberg et Tom Hanks était dingue, on a fini par la voir, cette série : The Pacific.
Calquée sur Band of Brothers qui, elle, concernait l’avancement de ladite Company E depuis le débarquement de juin 44 jusqu’à Berchtesgaden, The Pacific est effectivement à voir. Vraiment.
Évidemment, c’est du Spielberg à la prod’, donc les méchants sont méchants et les gentils sont gentils, tellement gentils que certains des Marines de cette 1ère division qu’on suit de Guadalcanal à Okinawa, arrivent même à se poser la question de savoir s’il faut vraiment buter un ado bridé sortant de sa tanière les mains en l’air : trop de réflexion tue l’âme américaine, gamin.
Mais Spielberg a laissé des réalisateurs différents (notamment Tony To) réaliser presque chacun des épisodes avec le challenge de faire aussi bien que lui en perfectionnant les techniques j’y suis en vrai sur Omaha Beach de la première partie du Soldat Ryan, et c’est la compét’ des effets réalité du champ de bataille.
Du coup, les scènes de guerre sont plus vraies que nature, ça siffle des balles de partout et des boulets de mortiers aussi, on se recroqueville sur son canap’ par moments et pas mal de scènes peuvent rester dans le cortex bien après leur vision. Même une semaine après (encore une preuve de notre réactivité éditoriale proverbiale…), telle celle de l’aérodrome de Peleliu où un mec se fait exploser la jambe en se demandant où est passé son genou, on s’en rappelle encore.
C’est ainsi qu’on comprend un peu mieux, non pas les couilles grosses comme ça de ces Marines héroïques, forcément héroïques mais leurs cerveaux complètement lessivés à la sortie de cette campagne difficile du Pacifique.
Et je ne sais plus si c’est en relisant des trucs sur le web que j’ai appris que les gros culs du QG ont envoyé à la boucherie sur Peleliu leurs Marines chéris pour rien, du tout, ou si c’est en ouvrant un nouvel épisode – chaque partie débutant par les témoignages de vétérans sur fond d’images d’archives, le scénario étant basé sur deux livres écrits par des gars dont les personnages sont portés à l’écran, avec au rewriting dudit scénario Georges Pelecanos notamment, encore lui, oui… – mais je me suis rappelé au moins ça : la guerre, c’est moche.
C’est con comme chute.
Ou gentille. Comme du Spielberg.
Ça va peut-être un jour passer sur la télé française. Ou pas. On s’en fout.
P.S. : il n’y a certes pas que de la baston sanguinolente au milieu de la jungle, il y a aussi la malaria, les histoires de perso et les histoires d’amour qui vont avec mais ça, on s’en fout un peu aussi.









1 réponse pour le moment ↓
1 Mister Freedom Fall / Winter 2010 | Hell's Kitchen // 14 juillet 2010 à %H:%M
[...] marin devenu biker au retour de la bataille du Pacifique ou un biker devenu marin à force de déconner, fin alternative possible du navet [...]
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