MATRICE REBELLE

Style
14 avril 2010

Les Americana fanas l’ont tué une deuxième fois, Steve McQueen : nous-mêmes n’avions pu nous en empêcher l’an dernier mais là, ça suffit les gars.
Il y en a d’autres.
Non, ni Marlon ni James : Montgomery.
Clift.
Montgomery Clift si t’aimes pas lire entre les sauts de ligne. L’idole de bien des midinettes qui ne savaient pas que lui, c’était les garçons surtout.

Certes de Dean, qui apparemment alla jusqu’à signer James Clift Dean pour exhiber sa déférence, on n’a jamais été très sûr de son orientation sexuelle non plus…
Mais James Dean, comme Brando, est passé pour l’éternité comme l’icône du jeune rebelle des fifties. Surtout parce que, contrairement à Paul Newman ou Montgomery Clift justement (même si lui aussi est mort vite, à 46 ans), il n’a pas eu le temps d’évoluer.
Pareil un peu aussi pour Marlon, puisque le nouveau Brando est revenu sur le devant de la vraie scène comme si c’était un autre : grisonnant et ventripotent.

Bref, on oublie toujours Montgomery alors que dès 1951, dans le film A Place in the sun de George Stevens, il apparaît dans l’exact uniforme du jeune qui va bientôt tout faire péter : jeans, t-shirt blanc et flight jacket.
Jouant un jeune bouseux qui monte à la ville pour rejoindre l’usine de son oncle qui le prend de très haut du haut de sa position de patron, et qui se retrouve écartelé entre son extraction prolo des champs et la dolce vita bourgeoise, personnifiées par deux femmes : la moche qu’il engrosse (Shelley Winters) et la socialite resplendissante Elizabeth Taylor.

Mais c’était en 1951. Un poil trop tôt par rapport à la sortie de The Wild One (1953) et surtout l’année 1955 : l’année de Rebel without a Cause, de la première apparition d’un Elvis qui commençait à savoir sourire comme Marlon, de la publication du Howl de Ginsberg et aussi : du premier MacDo ouvert par Ray Kroch…

En tout cas, dès 51 grâce à Montgomery Clift et la styliste du film, Edith Head qui n’a fait que reprendre les codes des nouveaux jeunes à la coule de la Côte Ouest, la dégaine rebelle est fixée.
On ne rappellera jamais assez le rôle des stocks à n’en plus finir des surplus militaires dans les États-Unis d’après guerre, dans la construction de ce look qui n’en finit non plus de mourir pour mieux renaître.

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