On parle toujours de Phil Spector, qui a poussé l’art du producteur musical au rang des beaux-arts au sein desquels, en bon lecteur de de Quincey peut-être, il devait ranger le meurtre.
Un autre specimen est lui tombé dans l’oubli, hors Angleterre en tout cas : Joe Meek.
Les Anglais eux, semblent se souvenir de lui (cf. docu BBC ci-dessous), même la « tu crois que tu m’aimes mais tu m’aimes pas, en fait, alors je pleure » Duffy continue à le dédicacer, en reprenant un des derniers tubes que Mister Meek ait produit : Please Stay, des Cryin’ Shames.
1966.
Et il en a produit des hits, plein : 45 singles placés dans les charts pop anglais en six ans, quand même ouais… et surtout Telstar des Tornados, number one aux US, espèce de surf music acclimatée au gris caniveau de La Tamise.
Mais fallait pas repousser les Beatles, entre autres et nombreux, quand ils cherchaient quelqu’un à leurs manettes avant de trouver Brian Epstein, en les gratifiant en plus d’un : « encore une musique déjà vue »…
Donc, 1966 : début de la fin pour le Joe.
De plus en plus dérangé – à force les amphét’ ça use le cervelet – persuadé de pouvoir communiquer avec les morts et les fantômes au cours de ses longues pérégrinations oscillatoires, passionné qu’il était d’occultisme depuis son plus jeune âge ; attaqué de l’intérieur par son homosexualité en ces temps où il ne faisait pas bon l’afficher vraiment, et mis au centre d’une sombre histoire de meurtre sur un jeune gay de ses amis retrouvé en plusieurs morceaux, Joe Meek finira par se suicider.
En 67.
Sans oublier de buter d’abord sa proprio qui le traquait pour loyers impayés.
Rien que pour ça, on l’aime.
Et pour I Hear A New World, surtout.















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