
Surnommé à tort le Andy Warhol japonais, Tadanori Yokoo, inspiration pour beaucoup d’artistes et graphistes, pompé par moult, a su mêler facile son goût pour les images traditionnelles telles que les estampes japonaises Ukiyo-e de l’époque Edo – dont les maitres étaient Hokusai et Hiroshige – avec constructivisme, surréalisme et pop art.
Le soleil levant, image considérée has-been à l’époque sera par exemple emblématique de son travail et le symbole du pop-art japonais.
Ses inspirations à lui vont de Picabia à Akira Kurosawa, le Push Pin Studio mais aussi l’écrivain Yukio Mishima.
Il incorpore à son travail d’animation, toujours dans un univers pop, des icônes internationales telles que B.B ou Alain Delon dans Kachi Kachi Yama, avec Kiss Kiss Kiss c’est un hommage évident à Lichtenstein… Il réalise aussi dans un style beaucoup plus contestataire un pastiche de Yellow Submarine des Beatles.
Il est aussi à l’origine de diverses collaborations.
L’une sera la réalisation de 350 dessins à l’encre accompagnant la nouvelle Genka Illusory Flowers, rédigée par Harumi Setouchi écrivain et nonne boudhiste, publiée en une longue série dans le journal Tokyo Shimbun en 1975.
Une autre sera la direction artistique du coffret de l’album dans le genre inclassable élaboré par Toshi Ichinayagi compositeur de musique avant garde, appartenant au collectif Fluxus, ex mari de Yoko Ono.
Dans les 70′s, secoué par un accident de la route et la mort par seppuku de son ami Yukio Mishima (un seppuku fait en commun avec certains membres de sa propre secte Tatenokai lors d’un pseudo coup d’état devant près de 800 militaires) il décide de stopper son travail.
Mais fasciné par la culture indienne, le boudhisme, les o.v.n.i. et les civilisations extra-terrestres il commence à utiliser des collages mêlant cosmos et symboles religieux variés. Un travail qui éclipse aisément le revival graphique récent fait de collages et d’ésotérisme pseudo cosmo-intello qui nous a et qui nous sort encore par les yeux.
Cette quête spirituelle le rapprocha de musiciens folk et rock tels que les Beatles, Emerson Lake & Palmer, Tangerine Dreams, Earth Wind & Fire et autres Cat Steven qui lui demandaient souvent de faire leurs posters et affiches.
Sa cover réalisée pour le triple album Lotus de Carlos Santana lui permettra même d’obtenir le prix du jury pour la sixième biennale de BRNO en 1974.
Celui qui a dit que design nippon ne se résumait qu’à tache d’encre noir sur fond blanc, épuration du trait et minimalisme avait tout faux : Tadanori Yokoo est la preuve vivante du contraire.






































































1 réponse pour le moment ↓
1 Claude // 19 mai 2010 à %H:%M
Fou d’amour
hourra hourra
hyper bien
incroyable climax esthétique
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