VÉHICULE DE L’OMBRE

Sport
6 janvier 2010

Philip Vincent est un sacré mécano. En 1924, à 16 piges, il commence à bricoler des motos avant d’entrer en génie mécanique à Cambridge, deux ans plus tard. Pendant ses études, il continue le rafistolage et finit par développer un tout nouveau système de suspension, mieux adapté pour les meules sportives.

Louis-Guillaume Perreaux du XXième siècle, à l’anglaise.

Au moment où Phil Vincent se met à améliorer des deux roues, un ancien pilote de la Royal Flying Corps, l’armée de l’air britannique (jusqu’en 1917 où elle deviendra la Royal Air Force en fusionnant avec la Royal Navy Air Service), Howard Raymond Davies fonde HRD, succès mécanique et sportif mais échec commercial, la marque fait faillite, vend tout à Ernie Humphries d’OK-Supreme qui lui cède le nom, les procédés et les designs à Phil Vincent pour 500 malheureux Livres Sterling.

Propriétaire et ingé de Vincent-HRD. Vincent-HRD qui deviendra The Vincent en 1949, non pas par simple mégalomanie, mais aussi pour éviter la confusion avec l’autre vendeur de bécanes et de rêves d’Outre-Atlantique, Harley Davidson.

Entre temps, le solo est devenu duo avec Phil Irving pour mieux former un binôme de constructeurs de cyclomoteur.

La défaite cuisante en 1934 à la fameuse Isle of a Man TT les pousse à internaliser toute la production pour mieux s’assurer de la qualité.

The Vincent débute alors vraiment, cadre, suspet’ et moteur pensés et développés par le duo de génie, deux années plus tard en 1936.

Après deux séries, A et B, et 12 ans plus tard, la Black Shadow, iconique sportive voit le jour.

Vincent et Irving ingés de la Black Shadow, mythique anglaise sombre et vive, créée en pensant aux soldats estropiés, pouvant être conduite avec seulement deux doigts.

Les toqués éclopés pourront toujours enfourcher leurs bécanes pour parcourir la boueuse campagne anglaise.

Seule « all-black » de l’époque, dont le pourquoi du comment est encore discuté par les puristes, que ce soit pour le style tout simplement ou alors pour des raisons mécaniques, en tout cas, c’était la seule non chromée.
Pour te démarquer dans l’arrière-pays rosbeef, fallait bien ça.

La Black Shadow, une version améliorée de la Rapid, une routière rapide mais trop bruyante, devenue alors engin de course pour l’iconique George Brown.

Une Rapid plus puissante, plus stable et plus légère.
Black Shadow, born to speed, avec un compteur spécialement positionné pour en faciliter la lecture. Tellement rapide qu’il a fallu améliorer les freins après le premier essai.

1700 exemplaires produites d’une moto se vendant pour quelques ronds dans les années 1960, et pour des chiffres à plus de six ronds dans les années 2000.

Black Shadow, la meule sportive qui brisa le record de vitesse avec Rollie Free et sa version custom, la Black Lightning, en septembre 1948.
Allégée pour mieux tracer.
242 km/h dans le désert de sel de l’Utah. En maillot Speedo.
Première virée plutôt réussie d’une Vincent au pays de Johnny Strabler.

Vite, toujours plus vite.

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