Sulfurique 51

octobre 8, 2009 by Cuisto  
Filed under Helleluia, Histoire

Ronald

Ronald Reagan…
Même si à sa mort en 2004, il apparaissait à certains barbichus de gauche façon Laurent Joffrin tel le prototype du bon Républicain, l’élection de Reagan à la Maison Blanche est le top départ de la Réaction.
Avec lui, l’Amérique était de retour, « la vraie », celle des cowboys couillus qui écoutent de la country, brûlent les disques disco en 1979 comme les nazis avec les livres impurs, et portent un Stetson pour faire comme John Wayne. Le mythe western, le conte pour enfants de la conquête de l’Ouest par des parangons de vertu et des bigots paysans et tout protestants.
Ronald était un enfant du vieil Hollywood et cela se sentait : faut pas faire compliqué. Blanc et Noir.
En gros avec Reagan, fini le Welfare, l’État c’est pas bien, la déréglementation c’est mieux, Dieu est grand et miséricordieux, l’URSS est le démon qu’il faut détruire (et qui sera détruit), on fait ce qu’on veut on est chez nous partout etc…

C’est d’ailleurs en devenant ponte du syndicat des acteurs qu’il commence à basculer du côté droitier de l’échiquier, en s’acoquinant avec les Maccarthystes qui voyaient des coco partout et surtout dans les studios.
Puis vinrent les années 50, où fiancé avec Nancy puis financé par General Electric, il commence ses shows télé et ses conférences publiques pour tout à fait lâcher ses positions de jeunesse et commencer sa vie politique qui aboutira d’abord au poste de gouverneur de Californie. En 1966.
Où contrairement à Schwarzie aujourd’hui ou Obama dans l’autre sens, il ne cherche pas une formule centriste sensée mettre tout le monde d’accord -et en cela, il était purement politicien et pas seulement communicant : la politique c’est du conflit. Un truc de mecs à l’ancienne.

C’est depuis Sacramento (capitale de l’État) qu’il sculpte ses obsessions économiques et religieuses, qui vont aboutir à la victoire finale de 1981.
Après une bataille de derrière les rideaux afin de faire échouer les tentatives de l’administration Carter visant à libérer les otages américains en Iran avant les élections de novembre.

Histoire de derrière les fagots qui verra une relation se dessiner entre les ayatollahs et la CIA. Et qui finira en eau de boudin avec le scandale Iran-Contra : je vends des armes à l’Iran en sous-main tout en disant à la télé que je soutiens Saddam (autre époque, oui), la CIA refile la thune aux Contras pour que ces furieux du Nicaragua se financent, alors qu’ils faisaient déjà et aussi office d’interface sur le marché off shore entre cartels colombiens de la coke et circuits US du crack, en blanchissant tout ça au Panama (le journaliste Gary Webb qui a révélé ce versant de l’affaire s’est grillé… Présenté comme fou par ses charmants collègues journalistes et définitivement blacklisté, ses révélations seront confirmées dix ans plus tard par un inspecteur général de la CIA, avant qu’il ne, dit-on, se suicide de… deux (sic) balles dans la tête.)

Bref, Reagan sera lavé de tout soupçon… Et à part le lieutenant-colonel Oliver North, apparemment trop dans le cambouis, toute cette bande de joyeux lurons s’en sortira blanchie comme de la coke.
Ainsi de John Negroponte qu’on retrouvera ambassadeur US en Irak de 2004 à 2005 puis directeur du renseignement national jusqu’en 2007. Ou de Robert Gates que Barack Obama a gardé dans son staff, au poste éminemment stratégique de secrétaire à la Défense…

On serait en train de fermer cette séquence reaganienne aujourd’hui.
C’est ce qu’on dit.