Croyez pas ce qu’on dit à la télé, television the drug of a nation comme le chantaient les Beatnigs, le premier groupe de Michael Franti pas la bande à Ferlinghetti : la récession est toujours là, c’est seulement les banquiers qui ont reconstitué leurs provisions pour cet hiver comme des marmottes qui ne dorment pas, elles…
Nous, les tricards du larfeuille, on va rester sur l’esprit Dépression, Les Raisins de la colère ou On achève bien les chevaux parce qu’on a l’impression, à force de se casser les yeux bien comme il faut sur le web de mode pour mecs qui ont encore de l’argent eux, d’être revenu aux années 30.
Quand le hobo est devenu de nécessité vertu : t’as pas d’argent, tu vas ramasser des oranges à Orange County.
Ou plus sûrement et toujours et encore : aux années 50 quand un clochard céleste pouvait être un Beat qui terminait sa route à San Francisco complètement bourré à force de fêter ses retrouvailles avec tous ses potes restés sur la Bay en oubliant son rendez-vous avec Henry Miller à Big Sur.…
Allez hop, vas-y pour « hobo chic » alors.
Comme ce papy top hip (un ponte de chez RRL, spécialiste des goodies vintage et un des acheteurs d’un Ralph qui se prend désormais pour un cowboy Marlboro), vu sur le Sartoriashit il y a déjà longtemps… l’an dernier. Mais entre lui et le monde réel, il a fallu un an de diffusion.
Normal.
Le charclo comme tendance fait même aujourd’hui petit gros débat, surtout quand Barneys en rajoute une louche.
Je dirais même mieux : Get off the bandwagon, EPMD 1988, ouais…
Mais ce qu’on aime à la revoyure et qu’on sent arriver gros comme un cul de camionneur nourri aux steaks frites d’un Routier, c’est le patchwork sur le fut comme papy là.
Parce quand il fait froid dehors et que c’est la guerre et le chômage et qu’on rêve de pâquerettes au printemps dans un champ normand trop mignon, l’édredon saxon en patchwork molletonné, c’est trop cool.
Petit 1.
Et puis petit 2 : c’est quand même mieux de se coudre un patchwork pour cacher ces trous qu’on n’avait pas sur son chino, plutôt que de faire grunge à deux balles revival chanmé, tu crois ptêt que Vanessa Paradis en se dodelinant dans le clip de Joe le Taxi, elle était grunge parce que ses jeans au genou étaient crevés ?
Et une pensée pour Cobain, qui désespérait de voir son groupe associé avec les rednecks de gauche cheveux longs bien peignés à la Pearl Jam… digression.
Et petit 3 : c’est tellement cool le patchwork, c’est tellement amish, je recycle mes chutes de tissu pour me faire une robe à la main avec juste mes dix doigts une aiguille et du fil, c’est tellement l’Oregon, reduce reuse recycle, que ça ne peut faire qu’un carton.
Les petites fleurs, les rayures pastel et les plaids, les motifs ethniques et vintage, tout est bon dans le cochon.
T’as l’impression de sauver la Terre parce que tu te mets à la couture.
Tu te sens bon.
Bel et bon.








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