Space cakes

juillet 7, 2009 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Musique

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Qui peut se passionner encore aujourd’hui pour le dernier edit des Bloody Bedroots sur discobelle à part un ado de 15 ans qui rêve d’un cardigan Kitsuné ? Le déferlement en continu de blog house et de tous les dérivés possibles d’electro compressée a fini par tellement fatiguer les oreilles d’un plus de 18 ans que les troupes d’amateurs de vieilleries enfouies entre les liens web ou dans les brocantes plus physiques du dimanche matin ont rejoint les rangs longtemps clairsemés des geeks un peu fou fou de disco soviétique, de Jean Michel Jarre sous lysergique, de kraut rock parabolique et toutes les bizarreries spatiales non répertoriées sauf par discogs.
Psychédélique souvent. Jamais paraplégique du bulbe en tout cas.
Futuristique comme on disait en 1994, quasiment tout le temps : à croire que nos temps hypermodernes à nous sont tellement dégueu que les rêves ou cauchemars naïfs de nos parents ou grand-parents sont un peu moins déprimants.

Refuge revigorant dans le passé, illusion d’optique sensorielle, art cinétique du musico-temporel, hého t’as pas un acide ?

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C’est un peu comme ça que se présente à nous Audible visions, le mix CD conçu et proposé par Alexis Le-Tan et Thomas Subreville (Ill Studio), car dans l’espèce de papier bulle métallique dans lequel est fourré le CD, un poster maison y est glissé au recto duquel est expliqué ce « spaced out musical ceremony » dont Audible Visions voudrait être le support.

Et attention, propédeutique chamanique, tu prends tes champi, t’écoutes ça et t’as des ailes qui se greffent à droite et à gauche de ton thorax pour t’élever dans de stratosphériques cumulo-nimbus de Moog et d’orages synthétiques. Spirales mystiques, forcément mystiques. Don Castaneda es-tu là ?

Ça s’en va et ça revient, tu marches sur la lune tel un Neil Amstrong de salon en transe à côté de ton ampli, t’as les cheveux qui poussent et les pattes d’eph’ parfois, tu montes et tu descends… tu te dis putain, Sebastien Tellier c’est pour les fifilles en American Apparel, ça, c’est de la came avec de la coke façon David Bowie, Lou Reed et Iggy Pop réunis à Berlin en 1977, « I gave you a television » à toi ma connasse de Chinoise chiante…

Du coup t’es même plus hippie, t’es même plus glam space rock, tu te sens comme un robot batard enfanté par Amon Düüll II et Kraftwerk réunis élevé par Yellow Magic Orchestra, mais t’es pas sûr parce que t’as pas le tracklisting et tu connais aucun des morceaux mais tu t’en fous parce que c’est bon et t’as encore le goût du métal dans les veines du cou…

T’as juste un instant de lucidité à un moment et tu te dis mais, mais… mais qu’est-ce qu’ils ont tous ces graphistes à faire concurrence aux autoproclamés dee-jays producteurs ambianceurs de nuits blanches un peu comme celle de Munich Machine ? Tu penses même à Misha de P.A.M. qui lui aussi carbure vener aux plantes médicinales qu’on trouve au fin fond des déserts, et chbing !, c’est reparti tu re-planes tout en haut, tout là-haut là-bas tu vois ?! Ne pense jamais jamais à l’ergot de seigle quand t’es sous LSD : conflit avec la matrice, inceste mental, tu risques le bad trip.

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Alors pour éviter la très mauvaise descente, tu mets un autre truc d’Alexis Le-Tan dans ton lecteur, celui que tu viens juste d’acheter dans ta bonne épicerie de quartier qui balance des bootlegs avant que ça sorte (le 10 juillet chez Permanent Vacation) parce que tu te rappelles que je t’en avais parlé, du premier opus du duo Le-Tan et Jess (de Jess & Crabbe oui oui), l’an dernier.

Space Oddities, attends là, tu te dis : même ambiance.
Un peu mon neveu, c’est reparti pour un tour, tu rempiles pour une montée. Wouah chanmé… bah ouais tu croyais p’têt que t’allais t’endormir juste quand les oiseaux se mettent à chanter mon con ?
T’avais pas vu que c’était marqué en sous-titre là : « a psychedelic journey », ok t’as jamais été très fort en anglais, c’est vrai, journey ça veut dire voyage mon gars, c’est un mot que ta prof appelait un faux ami. T’as juste oublié tout ça, ouha d’accord, t’écoutes, j’arrête de te faire chier.
Écoute ouais.
Écoute bien New Life, Indian Feeling, Magma Game, Leaving et les autres aussi. Quand tu seras remis de ton odyssée dans ta tête tu pourras lire les noms, éviter de penser à Charly Oleg quand tu penses à un synthé et commencer à essayer d’envisager de te prétendre un mec pointu en musiques obscures.

Sulfurique 38

juillet 2, 2009 by Cuisto  
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Andy Warhol.

Capitaliste de l’art et yuppie avant l’heure, Andy Warhol est le fils typique de l’Amérique avide de réussite, d’argent et de pouvoir. Dans la seconde moitié des années 1950, il s’enrichit rapidement en dessinant des pubs pour des chaussures mais le déclic n’arrive que le jour où en visitant le MoMA, il ne comprend pas pourquoi Robert Rauschenberg et son collage contenant une manche de chemise sont exposés.
Saynète :
Ted Carey, un designer textile, assistant et ami : « Oh, c’est fabuleux ! »
Warhol : « Je trouve que c’est horrible, n’importe qui peut faire ça, je peux faire ça ».
Carey : « Alors, fais-le ».

Une entrée en matière, particulière.

Il se lance alors dans l’art, l’art à la Warhol, un art de masse, à l’image de cette Amérique naissante et de sa culture.
En 1962, il inaugure sa première exposition solo à Los Angeles, l’exposition des Campbell’s soup cans. Afin de produire encore plus d’oeuvres, plus rapidement, il innove en utilisant la technique publicitaire de la sérigraphie, quantité plutôt que qualité. Ça s’appelle la production de masse et l’économie d’échelle. Cheap & chic.

Ted Carey, encore, le présente à la conservatrice Muriel Latow qui lui propose de lui vendre sa prochaine idée de peinture pour 50$. Warhol s’exécute, lui signant un chèque sur place. Elle lui demande alors ce qui l’intéresse le plus. Ce à quoi il répond tout simplement « Money ». S’en suit alors, une série de peintures de billets US.

Obsédé par la reconnaissance et la célébrité, exploiteur de la pop culture, le tableau de Marylin Monroe est peint le lendemain de sa mort. 1962, une belle année pour lui.
Et en 1964, il inaugure The Factory, le premier lieu conceptuel, fenêtres noircies pour empêcher la lumière de passer et tout l’intérieur recouvert d’une peinture métallique. Lieu de rencontre du gotha, des indés, et des anonymes. L’important était d’être froid, d’être cool, comme Warhol, comme une machine.
À faire bosser une pléiade d’assistants dévoués à sa cause et jetés ensuite comme des Kleenex. Un vrai patron fordiste.

« Money making is an art ».
Certes mais de l’ironie au cynisme, la frontière est mince.

Peut-être père spirituel de Keith Haring, son enfant le plus monstrueux est Jeff Koons : l’horreur kitch absolue.