Andy Warhol.
Capitaliste de l’art et yuppie avant l’heure, Andy Warhol est le fils typique de l’Amérique avide de réussite, d’argent et de pouvoir. Dans la seconde moitié des années 1950, il s’enrichit rapidement en dessinant des pubs pour des chaussures mais le déclic n’arrive que le jour où en visitant le MoMA, il ne comprend pas pourquoi Robert Rauschenberg et son collage contenant une manche de chemise sont exposés.
Saynète :
Ted Carey, un designer textile, assistant et ami : « Oh, c’est fabuleux ! »
Warhol : « Je trouve que c’est horrible, n’importe qui peut faire ça, je peux faire ça ».
Carey : « Alors, fais-le ».
Une entrée en matière, particulière.
Il se lance alors dans l’art, l’art à la Warhol, un art de masse, à l’image de cette Amérique naissante et de sa culture.
En 1962, il inaugure sa première exposition solo à Los Angeles, l’exposition des Campbell’s soup cans. Afin de produire encore plus d’oeuvres, plus rapidement, il innove en utilisant la technique publicitaire de la sérigraphie, quantité plutôt que qualité. Ça s’appelle la production de masse et l’économie d’échelle. Cheap & chic.
Ted Carey, encore, le présente à la conservatrice Muriel Latow qui lui propose de lui vendre sa prochaine idée de peinture pour 50$. Warhol s’exécute, lui signant un chèque sur place. Elle lui demande alors ce qui l’intéresse le plus. Ce à quoi il répond tout simplement « Money ». S’en suit alors, une série de peintures de billets US.
Obsédé par la reconnaissance et la célébrité, exploiteur de la pop culture, le tableau de Marylin Monroe est peint le lendemain de sa mort. 1962, une belle année pour lui.
Et en 1964, il inaugure The Factory, le premier lieu conceptuel, fenêtres noircies pour empêcher la lumière de passer et tout l’intérieur recouvert d’une peinture métallique. Lieu de rencontre du gotha, des indés, et des anonymes. L’important était d’être froid, d’être cool, comme Warhol, comme une machine.
À faire bosser une pléiade d’assistants dévoués à sa cause et jetés ensuite comme des Kleenex. Un vrai patron fordiste.
« Money making is an art ».
Certes mais de l’ironie au cynisme, la frontière est mince.
Peut-être père spirituel de Keith Haring, son enfant le plus monstrueux est Jeff Koons : l’horreur kitch absolue.







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