Marcel-Maurice Bigeard.
Avant de terminer aux Grosses Têtes en qualité de général à la retraite fort en gueule et en gouaille et star des fana-mili, Marcel Bigeard fut d’abord soldat et après évasion d’un stalag allemand, officier dans un régiment de tirailleurs sénégalais au cours de la seconde guerre mondiale.
Puis commandant parachutiste s’illustrant en vain au cours de la bataille de Dien Bien Phu et sa cuvette encerclée. C’est lors de cette raclée mémorable des troupes coloniales françaises qu’il est élevé au rang de lieutenant-colonel.
Mais là où l’histoire du gaillard se corse c’est pendant la deuxième guerre de décolonisation de l’empire français, celle d’Algérie.
Surtout à partir de la bataille d’Alger conduite par le général Massu suite aux pleins pouvoirs accordés par le gouvernement du socialiste Guy Mollet.
Cette bataille revient à confier la gestion du maintien de l’ordre aux militaires en vue de ramener la sécurité dans la ville et de neutraliser les cellules du FLN de Larbi Ben M’hidi. Par tous les moyens nécessaires, y compris illégaux, dont la torture.
Bigeard fait partie du commandement général, comme le colonel Roger Trinquier, tous deux fervents supporters des méthodes calquées en réponse à « la guerre révolutionnaire » lancée par Mao, développée par les Viet Minh, exportée en Algérie : quadrillage serré du territoire, culte du renseignement et opérations psychologiques, retournement des agents ennemis emprisonnés et si récalcitrants, éliminations et exécutions sommaires -d’où l’expression les “crevettes Bigeard » pour désigner les corps largués au dessus de la Méditerranée.
Cette bataille d’Alger a été une défaite politique, mais une victoire militaire.
Une guerre totale, une guerre surtout de communication en direction des populations civiles pour les faire basculer dans son camp.
Théorisée du nom de « guerre contre-révolutionnaire », ou doctrine « française », ou GDR et bannie par de Gaulle en 1961, elle est devenue un cas d’école enseignée dans les… écoles militaires.
Et appliquée dans bien des parties du monde où les pouvoirs d’alors se croient en face d’une menace communiste, insurrectionnelle, terroriste, subversive, au choix. Du Brésil, où on commence à l’appeler « guerre contre insurrectionnelle », au Chili et Argentine, et perfectionnée au cours de l’Opération Condor des années 70. Et étudiée évidemment de près au Pentagone.
Où on la perfectionne sans cesse, depuis le Vietnam avec le succès que l’on sait à la première guerre d’Afghanistan dans les années 80 et jusqu’à aujourd’hui, au moins en Irak.
On trouve même sur le web des pdf très intéressants, issus apparemment directement de l’US Army et dont l’un des auteurs n’est autre que le général Petraeus, nommé en avril 2008 à la tête du United States Central Command, le commandement central qui supervise les opérations en Irak et en… Afghanistan.
D’autres généraux français à la retraite voudraient la voir revenir à la mode dans ses pénates françaises.
C’est Bigeard qui doit rigoler sec.







1 réponse pour le moment ↓
1 HBOshima | Hell's Kitchen // 18 juin 2010 à %H:%M
[...] que Bigeard est mort, le jour du 18 juin, coïncidence bidasse, on peut avouer que l’on verse [...]
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