Sulfurique 30


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Antoine et Barthélémy dit Mémé Guérini.

Les frères Guérini, originaires de Corse et installés à Marseille au milieu des années 20 dans le quartier du Panier, commencent leur ascension dans le Milieu marseillais au cours des années 30.
C’est pendant la guerre que tout se joue pour eux : par conviction ou par calcul, les deux frères et le reste de la fratrie (François, Pascal, Pierre, Lucien et… Restitude) prennent parti pour la Résistance, au contraire des deux parrains marseillais du moment, Paul Carbone et François Spirito, qui collaborent à pleines dents avec les Allemands.

Tandis qu’Antoine n’hésite pas à se faire son beurre en trafiquant avec ses supposés ennemis, ce sont Mémé et son autre frère Pascal qui se signalent le plus dans des actes parfois héroïques, au point que Mémé devient un pilier d’une branche du réseau clandestin Brutus-Boyer, où il rencontre Gaston Deferre…
Ainsi que Robert Blémant, sulfureux ponte des services secrets régionaux (ST/DST) et maître du double jeu, maîtrise qui lui permettra après-guerre d’être bombardé patron des services sur tout le Sud Est, comme un peu plus tard de commencer à monter des cabarets, puis des cercles de jeux -on en reparle.

Ces amitiés bien ordonnées vont propulser les Guérini au firmament, Deferre devenant le maire socialiste de Marseille en 1947…
On ne doit même même plus parler de boulevard ou de champ libre, mais de plaine à moissonner.

Ce qu’Antoine en particulier saura faire avec maestria, sachant reprendre les business laissés vacants par les caïds collabo désormais disparus et renforcer ses appuis dans le monde légal, rendant moult services comme celui d’envoyer ses gros bras sur des manifestants et dockers coco, sur demande au moins de Deferre, si ce n’est de la CIA, paraît-il.

Relations transatlantiques que les Guérini additionnent puisqu’ils deviennent les correspondants principaux de Lucky Luciano sur leur territoire, pour le trafic de cigarettes puis et surtout, de l’héro. Eh oui… la fameuse French Connection, c’est beaucoup eux.

L’appétit venant en mangeant, ces légendes marseillaises se lancent à l’assaut de Paris, en investissant notamment dans le secteur des jeux, en particulier le Grand Cercle. Avec… Robert Blémant en actionnaire.

Sauf que, en 1965, après avoir perdu des sommes faramineuses et après « la guerre des jeux » internes aux caïds français qui s’en suivra (mettant aux prises Marcel Francisci et Jean-Baptiste Andréani, l’associé des Guérini) Antoine prend la funeste décision, malgré l’opposition de Mémé, de faire abattre Blémant, la cheville ouvrière des accointances entre le pouvoir et le Milieu…
Trop, c’est trop.

Ce sont d’abord les exécutants du meurtre de Blémant qui y passent, dont le fils naturel de Mémé. Puis le 23 juin 1967, c’est au tour d’Antoine de se prendre onze balles de 11.43 dans le coffre (tirées, dit-on, par une autre bientôt grande figure de la pègre : Jacky le Mat).
La même année, appuis perdus, Mémé, Pascal et François Guérini tombent, pour le meurtre d’un cambrioleur ayant osé s’attaquer à la villa d’Antoine en plein pendant son enterrement…

« P.S. » : on retrouve un Guérini dans le monde de la politique marseillaise 30 ans plus tard, en tout bien tout honneur évidemment : Jean-Noël Guérini.
Élu président du Conseil général des Bouches-du-Rhône en 98 et patron du PS local, soutien de Royal jusqu’à il y a peu, semble-t-il.

Comments

3 Commentaires on "Sulfurique 30"

  1. fidel castrato on mer, 13th mai 2009 17:04 

    rien a voir avec ce post-ci mais vous qui aimez bien pourfendre la recup des symboles révolutionnaires, que pensez vous de ceci : http://www.communedeparis.fr/ ?

  2. admin on jeu, 14th mai 2009 13:52 

    qu’on était au courant ouais, et qu’on en parle d’ailleurs dans le prochain post… coïncidence survirtualiste.

  3. Encore sulfureux ? on lun, 18th mai 2009 18:14 

    [...] nous le demandait Fidel Castrato, oui donc, et nous sommes pas les seuls vu le nombre de posts sur le sujet, nous savions qu’un [...]





  

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