
Edward Louis Bernays.
Neveu de Sigmund Freud, Bernays a su faire fructifier aux États-Unis les théories de tonton en développant le nouveau savoir sur l’inconscient, mais au niveau collectif.
Passé maître dans l’art de ce qu’on n’appelait pas encore le marketing, il a conduit de très belles campagnes publicitaires, une fois que les industriels eurent compris toute la force de ses applications quant au maniement psychologique des foules.
Car son grand oeuvre fut d’être amené à conseiller le président Woodrow Wilson quand il a fallu convaincre des Américains pas chauds du tout que pour le bien des États-Unis, il fallait entrer en guerre contre l’Allemagne et ses alliés.
Entrée signée en avril 1917.
Réussite totale de cette manipulation de l’opinion conduit par Bernays et ses acolytes (les journalistes Walter Lippmann et George Creel) que Lord Ponsonby, un aristocrate anglais socialiste et pacifiste, résuma ainsi : il faut faire croire
1. que notre camp ne veut pas la guerre
2. que l’adversaire en est responsable
3. qu’il est moralement condamnable
4. que la guerre a de nobles buts
5. que l’ennemi commet des atrocités délibérées (pas nous)
6. qu’il subit bien plus de pertes que nous
7. que Dieu est avec nous
8. que le monde de l’art et de la culture approuve notre combat
9. que l’ennemi utilise des armes illicites (pas nous)
10. que ceux qui doutent des neuf premiers points sont soit des traitres, soit des victimes des mensonges adverses (car l’ennemi, contrairement à nous qui informons, fait de la propagande).
Évidemment, cela reste d’actualité…
Edward Bernays, juif, s’est juste trouvé un peu rance quand il apprît que Joseph Goebbels était un de ses fans ultimes, notamment de sa vision d’une élite de savants et d’experts seule capable de manier les masses incultes, forcément incultes, et que le meilleur ami d’Hitler avait utilisé ses théories pour perfectionner au mieux la propagande nazie.






7 réponses pour le moment ↓
1 MarcBT // 1 avril 2009 à %H:%M
Guerre déclarée le 2, justement.
On va avoir quelque chose à fêter demain.
2 vatican666 // 6 avril 2009 à %H:%M
A la mm époque y a Henry Ford qui est l’autre grand pote d’Hitler
3 admin // 6 avril 2009 à %H:%M
ouais, il est dans notre liste…
4 ADAM CURTIS | Hell's Kitchen // 18 avril 2010 à %H:%M
[...] par l’élite, en revenant parfois sur la famille Freud et évidemment le neveu américain : Edward Bernays. Ou Richard Nixon, la CIA, Kwame Nkrumma, les Yanomami etc. : puits dans [...]
5 Mark McNairy devient directeur artistique de Woolrich Woolen Mills | Hell's Kitchen // 9 juin 2010 à %H:%M
[...] d’étrusques en propagandistes n’ayant rien à envier à notre ami sulfurique, Edward Bernays, on se fait pas trop de soucis. Encadrement assuré d’autant plus qu’il est peut-être [...]
6 Propaganda d'Edward Bernays | Hell's Kitchen // 13 juin 2010 à %H:%M
[...] Propaganda d’Edward Bernays. [...]
7 TENSION | Hell's Kitchen // 19 octobre 2010 à %H:%M
[...] Or la stratégie de la tension est une des figures favorites du Pouvoir, quel qu’il soit, en France et ailleurs. Modalité pour se ranger à soi l’opinion publique qui se fabrique. [...]
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