Pas en bois

Style
2 octobre 2008

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Lecteurs assidus, vous savez bien qu’on garde toujours un oeil et des oreilles sur ce qu’il se passe du côté vélocipédique.
On n’arrête pas même d’être surpris de l’ampleur prise par le pignon fixe ici à Paris qui n’est pas une ville à proprement parler propice à sa pratique, de l’avis des anciens de la chose -dont certains avaient été interviewés par nos soins, à l’époque de notre magazine #1 sorti en avril 2007.
Depuis, les débats improbables sur les cadres en carbone ou les selles en cuir circa Vel’ d’Hiv’ 1936 et autres pièces et accessoires sont devenus le quotidien de plus en plus de discussions, notamment sur le web où blogs pullulent et forums s’activent (pignonfixe.com par exemple) sur le sujet fixie.
Moyeux, cintres, jantes, miche deviennent le vocabulaire commun aux membres de la secte du braquet, incompréhensible du commun.

Des marques plus (Rapha) ou moins (Cadence) spécialisées se sont mises en place, Campagnolo ou Cinelli sont devenus des sésames partagés par un peu plus que 3 quidams.
Pas n’importe quels quidams pour être honnête, le fixed gear étant devenu, comme du côté de Williamsburgh, Brooklyn, l’emblème hip, avec le look qui va avec : jeans retroussés, petite casquette façon cycliste Tour de France, messenger bags modèle coursiers et tout le reste, genre greaser bio. Alimentant comme d’hab’ son lot de sarcasmes…

Sauf que les haters confondent souvent hip et hype : le vélo en milieu urbain, et les codes du vélo, font partie du paysage « urbain cool » depuis un sacré bout de temps.
Au moins depuis la fin des années 70 avec les premiers coursiers à NYC, en passant par le premier Spike Lee 10 ans après :

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où le Spike jouait lui-même un coursier avec la visière déjà portée remontée…
Puis avec les années 90 les étudiants des campus, Berkeley en particulier, se sont emparés du vélo de piste pour en faire un ustensile de transport tout ce qu’il y a de plus normal -pas pour rien si un des gros centres du mouvement fixie est à San Francisco, avec les mecs de Mash à fond les pédales.

Alors les sarcasmes, normal -c’est toujours drôle de déverser sa bile d’atrabilaire- surtout au moment de cette démocratisation visible à l’oeil nu et même pas avisé, de Châtelet aux Tuileries (où se pratiquent parfois des parties de bike polo…) ou bien au Palais de Tokyo, vieux spot de skate d’ailleurs.

Ce même Palais de Tokyo où dimanche soir dernier était présenté le vélo ultra limité (15 exemplaires a priori et à un prix défiant toutes les bourses : autour de 6000€) produit par Wood Wood x Vision -non, pas Vision streetwear, mais la marque du magasin des alentours de Copenhague : Webike.

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Ultra technique et ultra léger (4,7 kg), plus léger que le poids autorisé en France mais c’est ça qui est bien : ça fait se croire rebelle avec une cause -oups, désolé : sarcasme…

Notre sujet à nous, c’était à la base de dire que ce vélo Wood Wood n’était pas un pignon fixe.

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De compétition certes, mais avec vitesses et freins : le vélo de route classique.
Et aux couleurs de l’équipe que le staff Wood Wood a monté l’an dernier, pour le plaisir.

La roue tourne.
Une nouvelle culture se construit, un marché s’est déjà créé. Avec ses niches et ses spécialités.

Sauf qu’en France, ça fait encore trop chiens galeux de la casse pour la Fédération Française de Cyclisme : « vous comprenez, ces gens-là monsieur, ne sont pas licenciés »…
Ils comprendront peut-être un jour que ces jeunes et moins jeunes donnent au vélo un peu (beaucoup) une autre image.
Mais c’est un autre sujet fixe.

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