
Évidemment, on pourrait parler de cette collab’ Carhartt x Vans comme le feraient des sneakerheads.
Et débattre à l’infini des détails dont le monde du dehors se fout comme : pour ou contre les détails en rouge, le tag Vans par exemple ou la semelle, ou les lacets (si vous voulez voir ça de plus près, allez sur Crooked Tongues, vous y avez aussi une interview intéressante des têtes pensantes de Carhartt Paris en dessous). Ou la disparition, un temps vu sur les samples, du liseré rouge de la midsole aussi.
Nous, ce qui nous intéresse plus, c’est cette dédicace évidente, mais tellement évidente qu’on risquerait de n’y faire plus attention du tout et mieux vaut le rappeler -on reste pantois sans voix parfois devant certaines réactions… non, non, pas de noms.
Je veux parler de la toile Carhartt originelle, ce genre de marron sable, genre toile de jute, la couleur du logo vintage.

Cette toile hyper résistante, parfaite pour souffrir des aléas du temps et du travail en extérieur, dans les champs ou sur les chantiers.
Parce que Carhartt c’est le vêtement du travailleur, du laborieux, de l’ouvrier, du prolo. Le col bleu. Le blue collar américain.
Jusqu’à la fin des 80’s, Carhartt c’était ça et rien d’autre : du workwear inusable.
« Rugged » est leur mot-clé.
Et le titre du magazine maison d’ailleurs, édité par Carhartt Europe qui, ici, a propulsé la marque sur le marché beaucoup plus » jeune branché urbain » qu’aux E.-U.
Surfant au début des 90’s sur l’invasion des « cultures urbaines » chez les têtes blondes, notamment et beaucoup dans les pays anglo-saxons ainsi qu’en France. L’époque d’un certain âge d’or, pour certains (qui confondent un âge d’or et leur jeunesse perdue…).
Cette 1ère moitié des 90’s…
Cette période où les codes du look skate passaient du rock au hip hop (la génération Kids, Zoo York et Supreme).
Où les skateurs se sont rendu compte qu’un chino Carhartt, fallait y aller pour le crever. Et qu’une Half Cab de Vans, ça restait un must-have de la même trempe increvable.
Et que dans le genre, casual cool, une Chukka, c’était le top. Tip.
Sans parler du rôle de prescripteurs joué par de jeunes Japonais qui, comme d’habitude, ont joué leur rôle de gardiens du temple vintage, sauvegardant les pièces de musée textile avec ce respect bien à eux et quasi religieux du vêtement.

Cette collaboration (issue des services français des 2 marques), ce choix de la Chukka et de la Half Cab, pointe donc parfaitement plein de référents propres à l’histoire de ces 2 sortes d’institutions.
Sans fioritures et gimmicks hype trop faciles dans lesquelles trop de marques tombent (beaucoup trop faciles pour parler d’une autre marque ayant collaboré avec Vans… non, non, pas de noms).
Une collab’ qui, cerise sur la gâteau, arrive à la fois en plein dans le revival 90’s qui devient flagrant et en plein dans la folie “vintage streetwear“.
De base de loin, mais loin d’être de base.
Sortie aujourdhui, le 3/09.
Disponible dans les boutiques Vans et Carhartt à Paris et Berlin -où French aura eu le temps de faire les vitrines- et dans d’autres boutiques Carhartt européennes : Londres, Lyon, Toulouse, Madrid, Barcelone, Lisbonne, Cologne, Francfort, Milan, Rome, Amsterdam, Copenhagen, Zurich.






2 réponses pour le moment ↓
1 Arno Fresh // 5 septembre 2008 à %H:%M
Oui… bonjour… ici Bernard de la société Dickies. Je suis contre tout ce que vous venez de dire ! C’est mal !
Sinon on peut également citer la période « Carhartt » du hip hop East Coast début 90′s (la marque notamment mise en avant par tout le Hit Squad – EPM, Redman.. – et le label Duck Down (Black Moon & Co)… Ruff & rugged quoi…)
2 admin // 7 septembre 2008 à %H:%M
tout à fait mon cher !
c’est même une des sources de la « prescription Carhartt » sur pas mal des jeunes têtes citées là-haut à mon avis, notamment dans nos riantes contrées en particulier, via les groupes de rap français influencés par les mêmes clips East Coast, pour finir par trouver le logo de la maison dans « La Haine »…
et ça m’étonnerait qu’à l’époque et à ce niveau, le placement de produit était une stratégie marketing.
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