Tête dans le sac

Style
16 juin 2008

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Marian Salzman, vous connaissez. Non ? Mais si… La grande prêtresse du concept, celle qui a inventé le “metrosexuel“ puis le “übersexuel“.

On s’en voudrait de citer ici ce grand philosophe français pour lui éviter de se retourner une fois de plus dans sa tombe, et qui disait que la philosophie, c’est l’art de créer des concepts. Disons simplement qu’il y a concept et concept, philosophe et marchand de livres, sociologue et expert télégénique, intello et publicitaire, ce qu’est Marian Salzman.

On a la flemme de vérifier mais notre petit doigt nous dit que l’industrie cosmétique a dû applaudir des 2 mains et du carnet de commandes quand Marian a sorti le “metrosexuel“ -celui qui nous donne le nom du client de l’agence dont Salzman était la CEO, a gagné le droit de nous contacter, pour le plaisir de la science…

Parce que, un peu de lucidité, le marché masculin est la nouvelle frontière du business de la beauté et de la mode, et quand des avant-gardes du comportement et de la consommation se diffusent dans le grand public, démocratisation validée et amplifiée par un concept repris en boucle par les magazines et le reste, c’est bingo. Quel jeune urbain actif un peu normal n’a pas aujourd’hui de crème de soins dans sa salle de bains ?

Idem avec les accessoires, le marché le plus cash money making de l’industrie de la mode : après les femmes et l’extension de leur débits bancaires sur les accessoires en tout genre -des lunettes aux bijoux en passant par les sacs- voilà que les hommes sont visés.
Depuis à peu près 2 ans, pas une marque du grand monde confraternel de la mode n’a pas sorti son sac pour hommes, par exemple.

Toujours l’histoire de l’œuf et de la poule : qui, de l’offre ou de la demande, a tiré en première ?
Sympa le baise-en-ville de papa mais pas super chanmé en cas de premier speed dating… Utile le sac que l’on peut blinder avec son MacBook, son iPod, son portefeuille, son bouquin etc. -sa boîte de, euh, non, pas ça… Vie privée.
Et un peu beaucoup trop ado sur le tard, le sac à dos. Et la banane, encore un peu connotée caillera sac à shit.

D’ailleurs une des grandes apparitions officielles du sac pour hommes post truc pas beau mais en cuir de veau du mariage, est, d’après nous, cette sorte de cabas porté en bandoulière que les coursiers à vélo ont été dans les premiers à adopter.
Puis, bien sûr, le “sac DJ“, genre t’as vu moi aussi je suis dans le mouv’, expression copyright 1997 ; marché monopolisé par Freitag et sa fameuse toile et son super scratch… So 90’s.

Jusqu’à ce que donc, après plein d’autres, plus marquées sports ou urbanwear (de Eastpak à Mandarina Duck pour ne citer qu’elles) les maisons de la mode s’en emparent depuis peu.
Et que plein de petites marques de créateurs beaucoup moins solides se lancent aussi sur le marché.

Telle 12.72, jeune projet qui lance sa gamme pour bientôt.
Pas débile, cette collection verse dans l’unisexe et surtout, a bien compris que le ou la urbain(e) se veut branché(e), dans le sens nomade mobile Wifi tout ça, et qui sait qu’une discussion sur le dernier podcast qu’on a trouvé dans le trou du cul du web ou sa dernière playlist favorite, c’est un peu plus glamour que de parler de sa dernière galère de free lance pour se faire encaisser sa dernière facture…

12.72 a eu le nez fin pour placer sur chacun de ses produits, une clé USB maison, le cœur de la collection (2 Go de capacité).
Avec en prime un mix musical exclusif par Guillaume Sorge, du bien connu (t’es branché) Dirty Sound System.
Un Guillaume Sorge et sa bande de potes qui, par ailleurs, animent un très bon site web plein de pépites : www.alainfinkielkrautrock.com (palme du meilleur nom).

www.12-72.com

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