
Si Lil Wayne est toujours torse poil, c’est pas juste pour montrer ses tablettes.
Mais parce que les fringues que le rappeur commun s’oblige à porter très larges sont bien trop étroites pour ce petit corps musclé.
Les trucs qu’on porte, ça gratte de l’étiquette en plus et lui, il en a rien à foutre des étiquettes, Lil Wayne est l’étiquette.
Mieux, il est sa propre étiquette.
Il est au-delà de tout. Il est rock, il est pop, il est une star, il est le sauveur, le messie dans le marasme rap actuel.
Son nouvel album, Tha Carter III est sorti aujourd’hui, officiellement. Depuis déjà une semaine, tout le monde l’écoute.
Depuis un an, l’attente était telle que la moindre de ses prises en studio se transformait presque instantanément en mixtape pirate.
J’avais prédit qu’il n’arriverait pas à sortir, ce Carter III. Impossible de vendre un album alors que tous les titres qui doivent le composer tournent sur les forums depuis 4 mois.
Alors mea culpa, Carter III est bien là.
La solution : faire en sorte que la production soit la plus courte possible.
Et donc se priver de morceaux qui auraient dû être des singles.
Tirer la chasse et faire disparaître Timbaland et Rockwilder.
Dire bonjour à Kanye West, Alchemist, Swizz Beatz qui pille lourdement au passage David Axelrod.
Mais on s’en carre d’eux car Lil Wayne les éclipse, arrachant tellement ses couplets qu’on ne pense plus aux compositions, devenues simples accessoires à son style.
Heureusement qu’on ne se focalise pas sur ces productions d’ailleurs, parce que ce Carter III est bien plus calme qu’attendu, notamment de la moitié des HKmembers, qui n’écoutent que A Milli et basta.
Calme et moins digital, lorgnant fort vers le son 90’s, vraie tendance des derniers mois. Et des prochains.
Car c’est aussi le moyen le plus simple d’atteindre le mainstream : pour ça, il faut du sample, de la soul, du funk, des trucs qui parlent à ces enfants petits et grands qui veulent des séquelles du siècle passé. Du patrimoine, pas du futur.
Vérifiable aujourd’hui, toujours, avec le Seeing Sounds de N*E*R*D.
Oui, le falsetto de Pharrell est souvent insupportable.
Oui, quelques paroles ont l’air d’avoir été écrites par Lenny Kravitz quand il ne savait pas encore lire.
Oui, certains titres sont tellement bâclés qu’ils auraient leur place dans un worst-of de Phil Collins, qui est déjà un presque worst-of all à lui tout seul. Ou dans une poubelle des Beatles, quant à Sooner or Later. Les meufs vont adorer.
Oui, oui, oui.
Mais les bons morceaux le sont vraiment et font oublier le reste.
Ballades surfs pour l’été, sonnets rock avec guitares très électriques très binaires, hip-hop club old school s’accouplant à du breakbeat basique, junglist contrebasse.
So 90’s. Et ça ne fait que commencer…
Surtout que ceux qui se font une fierté de s’autoproclamer kids, des Kids in The Hall (cf. leur très bon The In Crowd sorti en mai dernier) aux Cool Kids (album plein de vide remplissage, leur EP suffisait), groupes programmés pour s’auto dissoudre passé 25 ans maximum si on les suit bien, ces fiers d’être kids refont comme leurs jeunes tontons.
Merci pour eux, ça va les rajeunir.






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