
Si les seventies sont aussi de l’histoire ancienne, c’est que cette décennie de transition entre les hippies et les yuppies, la modernité et la post-modernité, avait encore le sens du premier degré.
Les pattes d’eph’ et les cheveux longs faisaient de la résistance, les Hell’s Angels avaient crevé un Black au concert d’Altamont et les Led Zeppelin qui avaient inventé le hard rock vivaient encore dans un monde de fleurs folk et de champs blues.
Pendant ces 70’s, on redescendait du LSD avec des shoots d’héro mais la coke n’avait pas encore atteint Wall Street, le pétrole faisait déjà ses premières crises, Keynes était encore une valeur sûre des économistes et le chômage devenait un mot du vocabulaire populaire.
Kool Herc songeait à remplacer ses disques de reggae par de la soul et de la funk, les premiers punks allaient apparaitre à New York.
La DS faisait était toujours la voiture des darons et Giscard passait pour un révolutionnaire en autorisant la pilule, les gauchistes croyaient encore à la révolution armée.
La naïveté et l’émerveillement n’avaient pas encore perdu face au réalisme et au cynisme.
La science fiction était reconnue comme un genre littéraire, la conquête de l’espace faisait encore rêver et Star Trek, une série culte.

C’est pendant cette décennie que la NASA, encore très fière d’elle-même, partait à la découverte du cosmos par curiosité et travaillait à l’exploration de l’espace interstellaire.
Toujours voguant sur cet optimisme finissant des seventies, on envoya d’abord les sondes Pioneer 10 et 11, dans l’espoir avoué qu’elles rencontrent des créatures inconnues sur le chemin des étoiles.
Si les sondes avaient une chance de rencontrer une forme d’intelligence autant se présenter : on a donc gravé des plaques représentant un humain et une humaine, dans le plus simple appareil, Adam et Eve en carte de visite.
Quand les sondes Voyager prévues pour aller encore plus loin dans la Voie Lactée ont été mises au point, les bonnes âmes américaines ont censuré cette exhibition outrageante pour un alien qui pourrait confondre une tête avec un appareil génital, et vice versa.
Alors on eut l’idée de graver des disques plaqués or avec un genre de mode d’emploi pour les lire -parce que les E.T. sont pas forcément des débiles, c’est sûr.

A l’intérieur de ces disques, des images expliquant la Terre et les Terriens, des messages de James Carter et de l’ex officier nazi Kurt Waldheim secrétaire général de l’ONU… Des rires de bébé, des cris d’oiseaux et des gargouillements de grenouilles etc.
Vu comme ça, faut vraiment être motivé pour venir visiter cette planète pleines de bruits bizarres et de musiques chiantes : Bach ou Beethoven, des mariachis mexicains ou de la flute de pan.
Les chargés du projet ont demandé l’autorisation d’y mettre Here comes the sun ; les Beatles étaient d’accord mais EMI a dit non. Petit détail qui veut dire beaucoup.
On est en 77, Marie Myriam gagne l’Eurovision avec L’oiseau et l’enfant mais de Kraftwerk à Throbbing Gristle, certains sont déjà très loin des coquelicots.





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