
Il y a des réveils comme ça où la radio nous fait sourire, même avec le babillant beuglard du petit matin, Nicolas Demorand (grand moment vendredi dernier 22 mars sur France Inter, top départ des commémorations 68…)
Sourire envappé, quand ce matin on apprend la nomination officielle de Denis Olivennes, dont on venait juste de parler ici, à la tête du Nouvel Obs.
Vérification faite après les brumes ante café, ce n’est pas que la direction générale du magazine que cet exemplaire synthétique des élites françaises va prendre. Mais la direction du directoire du groupe Perdriel.

Ce n’est évidemment pas sur Libé que l’on allait apprendre grand’ chose, vu les relations incestueuses entre cet hebdo et ce quotidien qui se partagent la même clientèle gauche caviar –Laurent Joffrin, passé de l’un à l’autre depuis 20 ans étant le pur produit de cet amour parfait.
Évidemment pas un mot dans cet article de Libé à propos de ce qui fonde ladite indépendance du groupe, sa régie pub : Mediaobs.
Évidemment pas un mot plus haut que l’autre : on s’en voudrait donc de ne pas rappeler la franche description du produit Nouvel Obs par Joffrin lui-même, au Centre de Formation des Journalistes : un « Gala pour les riches » (dans Les Petits soldats du journalisme de François Ruffin).
Joffrin, exemplaire encore vaillant de la tendance soixante-huitarde –normal, il était un peu jeune en 68 mais ça ne lui enlève pas le droit d’en parler urbi et orbi, comme de tout et de rien.
Ce microcosme aux macro réseaux finissant par représenter la quintessence de la pensée française, avec au milieu le phare lumineux BHL (ancien mao, faux intello et vrai millionnaire, administrateur de Libé).
Toutes ces huiles qui nous bassinent depuis 40 ans et leur mai 68, le début de leur prise de pouvoir, et qui vont nous expliquer pendant toute cette année que ce printemps d’un autre temps n’était finalement qu’une bordélique association de joyeux libertaires exigeant le droit de pouvoir aller crapahuter dans les dortoirs des filles…
Vaudrait mieux pas leur rappeler que la plupart de ceux qui ont vraiment fait 68, genre Serge July, étaient des maoïstes forcenés qui 40 ans plus tard sont le reflet Café de Flore des Sarko compatibles (et une pensée pour Kouchner…)
Le pire dans tout ça, contrairement à ce que croient les alter et gauchistes, fidèles héritiers de 68 pour le coup, c’est que tout ne s’explique pas par leur seule dépendance des médias au grand capital, i.e. les annonceurs.
Charlie Hebdo ou Marianne, hebdos qui tirent leurs ressources principales de leurs lectorats sont eux aussi des piliers enthousiastes de cet ordre bipolaire, néo conservateurs de gauche face aux mêmes, mais de droite.
Opposition virtuelle. Unanimité sur des principes qui conduisent droit à la catastrophe finale qui sera autrement plus violente que Mai 68…
Ce jour-là, on espère que tous ces bavards ne seront pas tous morts, qu’ils assistent enfin à l’effondrement de leur monde.

Grands soirs et petit matins, documentaire de William Klein
part 1
part 2
part 3




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