LSD bad trip

mars 30, 2008 by Cuisto  
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Ce n’est pas parce que Lindsay Lohan va jouer un rôle sulfureux (évidemment…) dans un film reprenant la saga de Charles Manson qu’on revient sur ce psychopathe toujours vivant.

Mais pour continuer notre topic 70’s.
Car les seventies, c’est comme les années 00 -qui n’ont commencé que le 11 septembre 2001- ça n’a pas démarré pile poil le 31 décembre 69.
La plupart des historiens du genre les font démarrer en décembre 69, avec Altamont.

Pour nous, elles commencent un peu plus tôt.
Avec la goguette sanguinaire des membres de la Manson Family dans la villa où vivait Sharon Tate -fiancée de Roman Polanski- le 9 août 1969.

Cette nuit-là, Sharon Tate, enceinte de 8 mois, ne fut pas la seule à se faire massacrer dans les hauteurs d’Hollywood ; 3 autres personnes y sont passées (et un autre encore, par hasard malencontreux)…
Une petite semaine avant Woodstock.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, Charles Manson n’a pas participé à ces meurtres (mais aux suivants, ceux des LaBianca, et précédents).

Manson, auparavant simple habitué des maisons de correction puis des pénitenciers, devenu très freak chef d’une tribu hippie, ladite « Family », s’était improvisé gourou démoniaque à l’écoute du « White Album » (The Beatles).

Pris d’une extase para-kabbale à l’écoute de cet album, Manson avait décidé que les Fab Four étaient les 4 anges du Livre des révélations du Nouveau Testament, et y chantaient l’annonce cryptée de l’Apocalypse.
Dans une optique inversement cohérente avec l’image que l’on se fait de la génération 68, Manson voyait cette Apocalypse dans l’affrontement final entre Noirs et Blancs, ces Blancs dont il pensait le racisme dangereusement affadi sous l’effet des contestations politiques des 60’s.

Il fallait donc contrecarrer tout ça, en commettant des crimes saignants à mettre sur le compte de soi-disant Black Panthers, notamment.
En signant non pas « Omar m’a tuer » en lettres de sang mais des paroles du « White Album », notamment le morceau Helter Skelter –un des tout premiers morceaux hard rock et mot clé du programme mystique de la Family.

Image forte : au premier jour de son procès, Manson apparaîtra à la barre une croix gammée en plein front.



Cette saga psychopathe a aussi été ultra médiatisée aussi parce que Manson a fricoté avec des gens du showbiz de l’époque.
Tel Dennis Wilson, un des Beach Boys, qui avait logé dans sa villa de Pacific Palisades toute la famille composée à ce moment-là de surtout très jeunes filles lobotomisées, avant que tout cette jolie petite troupe n’émigre dans la Vallée de la Mort pour préparer leur apocalypse…
C’est ce frère de Brian Wilson qui fera rencontrer Manson et quelques producteurs connus de L.A., la Family devant enregistrer une réponse à l’album blanc.
Une de ces connexions, Rudi Altobelli, sera celui qui fera connaître indirectement à Manson la maison qu’il louera bientôt à Sharon Tate et ses amis…

Les Beatles, les Beach Boys -les 2 groupes qui chacun de leur côté ont inventé la pop music- et un fou furieux au milieu : les années 70 peuvent commencer.

Disques d’or

mars 28, 2008 by Cuisto  
Filed under Culture, Hell Yeah, Musique

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Si les seventies sont aussi de l’histoire ancienne, c’est que cette décennie de transition entre les hippies et les yuppies, la modernité et la post-modernité, avait encore le sens du premier degré.

Les pattes d’eph’ et les cheveux longs faisaient de la résistance, les Hell’s Angels avaient crevé un Black au concert d’Altamont et les Led Zeppelin qui avaient inventé le hard rock vivaient encore dans un monde de fleurs folk et de champs blues.

Pendant ces 70’s, on redescendait du LSD avec des shoots d’héro mais la coke n’avait pas encore atteint Wall Street, le pétrole faisait déjà ses premières crises, Keynes était encore une valeur sûre des économistes et le chômage devenait un mot du vocabulaire populaire.

Kool Herc songeait à remplacer ses disques de reggae par de la soul et de la funk, les premiers punks allaient apparaitre à New York.
La DS faisait était toujours la voiture des darons et Giscard passait pour un révolutionnaire en autorisant la pilule, les gauchistes croyaient encore à la révolution armée.

La naïveté et l’émerveillement n’avaient pas encore perdu face au réalisme et au cynisme.
La science fiction était reconnue comme un genre littéraire, la conquête de l’espace faisait encore rêver et Star Trek, une série culte.

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C’est pendant cette décennie que la NASA, encore très fière d’elle-même, partait à la découverte du cosmos par curiosité et travaillait à l’exploration de l’espace interstellaire.
Toujours voguant sur cet optimisme finissant des seventies, on envoya d’abord les sondes Pioneer 10 et 11, dans l’espoir avoué qu’elles rencontrent des créatures inconnues sur le chemin des étoiles.
Si les sondes avaient une chance de rencontrer une forme d’intelligence autant se présenter : on a donc gravé des plaques représentant un humain et une humaine, dans le plus simple appareil, Adam et Eve en carte de visite.

Quand les sondes Voyager prévues pour aller encore plus loin dans la Voie Lactée ont été mises au point, les bonnes âmes américaines ont censuré cette exhibition outrageante pour un alien qui pourrait confondre une tête avec un appareil génital, et vice versa.
Alors on eut l’idée de graver des disques plaqués or avec un genre de mode d’emploi pour les lire -parce que les E.T. sont pas forcément des débiles, c’est sûr.

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A l’intérieur de ces disques, des images expliquant la Terre et les Terriens, des messages de James Carter et de l’ex officier nazi Kurt Waldheim secrétaire général de l’ONU… Des rires de bébé, des cris d’oiseaux et des gargouillements de grenouilles etc.
Vu comme ça, faut vraiment être motivé pour venir visiter cette planète pleines de bruits bizarres et de musiques chiantes : Bach ou Beethoven, des mariachis mexicains ou de la flute de pan.

Les chargés du projet ont demandé l’autorisation d’y mettre Here comes the sun ; les Beatles étaient d’accord mais EMI a dit non. Petit détail qui veut dire beaucoup.

On est en 77, Marie Myriam gagne l’Eurovision avec L’oiseau et l’enfant mais de Kraftwerk à Throbbing Gristle, certains sont déjà très loin des coquelicots.

Re-Return to Forever

mars 27, 2008 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Musique

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Dans notre équipe de vieux cons et de jeunes branleurs, le son des années 70 met tout le monde d’accord.
C’est déjà ça.
Et peu importe le style.

Les 70’s : juste un infatigable et unique laboratoire, où chaque disque avait le potentiel de révolutionner son genre.
Ta vie ne serait pas assez longue pour comprendre la folie de cette décade.
Les nôtres non plus d’ailleurs.
Alors, ici, on y reviendra sans cesse.

En jazz, trois groupes définissaient ce qui se fait encore aujourd’hui : Weather Report et son bassiste génie semi fou Jaco Pastorius, The Mahavishnu Orchestra et Return To Forever.
Tous se sont séparés.
Un se reforme, pour la deuxième fois : le bien nommé Return To Forever, pour au moins une tournée mondiale avec deux dates françaises.
Pour pouvoir toucher des yeux un pianiste légende, Chick Corea, tellement loin devant tout le monde qu’un son Moog porte son nom, accompagné par des virtuoses tout aussi impressionnants : Al di Meola à la guitare, Stanley Clarke à la basse et Lenny White à la batterie.
Pour comprendre pourquoi ces types ont influencé et inspiré tout le monde.

L’occasion de voir un groupe mythique qui explosait alors que les joints de mes parents ne les avaient pas encore poussés à me faire.
Putain, je rêve d’être vieux.
Rattrapage le 8 juillet à l’Olympia.

Oui, on l’annonce tôt.
Parce que les places partiront plus vite qu’un caillou de crack un dimanche soir à Place de Clichy.
Un retour de ce calibre ne se gâche pas.

P.S. : inutile de nous parler de l’appartenance de Chick Corea à l’église de Scientologie dans les commentaires.

Return To Forever
Le 8 juillet 2008 à l’Olympia de Paris.
Le 23 juillet 2008 au Nice Jazz Festival.

http://www.return2forever.com

vidéos ici et

La trahison des clercs

mars 26, 2008 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Société

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Il y a des réveils comme ça où la radio nous fait sourire, même avec le babillant beuglard du petit matin, Nicolas Demorand (grand moment vendredi dernier 22 mars sur France Inter, top départ des commémorations 68…)
Sourire envappé, quand ce matin on apprend la nomination officielle de Denis Olivennes, dont on venait juste de parler ici, à la tête du Nouvel Obs.
Vérification faite après les brumes ante café, ce n’est pas que la direction générale du magazine que cet exemplaire synthétique des élites françaises va prendre. Mais la direction du directoire du groupe Perdriel.


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Ce n’est évidemment pas sur Libé que l’on allait apprendre grand’ chose, vu les relations incestueuses entre cet hebdo et ce quotidien qui se partagent la même clientèle gauche caviar –Laurent Joffrin, passé de l’un à l’autre depuis 20 ans étant le pur produit de cet amour parfait.
Évidemment pas un mot dans cet article de Libé à propos de ce qui fonde ladite indépendance du groupe, sa régie pub : Mediaobs.
Évidemment pas un mot plus haut que l’autre : on s’en voudrait donc de ne pas rappeler la franche description du produit Nouvel Obs par Joffrin lui-même, au Centre de Formation des Journalistes : un « Gala pour les riches » (dans Les Petits soldats du journalisme de François Ruffin).

Joffrin, exemplaire encore vaillant de la tendance soixante-huitarde –normal, il était un peu jeune en 68 mais ça ne lui enlève pas le droit d’en parler urbi et orbi, comme de tout et de rien.
Ce microcosme aux macro réseaux finissant par représenter la quintessence de la pensée française, avec au milieu le phare lumineux BHL (ancien mao, faux intello et vrai millionnaire, administrateur de Libé).

Toutes ces huiles qui nous bassinent depuis 40 ans et leur mai 68, le début de leur prise de pouvoir, et qui vont nous expliquer pendant toute cette année que ce printemps d’un autre temps n’était finalement qu’une bordélique association de joyeux libertaires exigeant le droit de pouvoir aller crapahuter dans les dortoirs des filles…
Vaudrait mieux pas leur rappeler que la plupart de ceux qui ont vraiment fait 68, genre Serge July, étaient des maoïstes forcenés qui 40 ans plus tard sont le reflet Café de Flore des Sarko compatibles (et une pensée pour Kouchner…)

Le pire dans tout ça, contrairement à ce que croient les alter et gauchistes, fidèles héritiers de 68 pour le coup, c’est que tout ne s’explique pas par leur seule dépendance des médias au grand capital, i.e. les annonceurs.
Charlie Hebdo ou Marianne, hebdos qui tirent leurs ressources principales de leurs lectorats sont eux aussi des piliers enthousiastes de cet ordre bipolaire, néo conservateurs de gauche face aux mêmes, mais de droite.

Opposition virtuelle. Unanimité sur des principes qui conduisent droit à la catastrophe finale qui sera autrement plus violente que Mai 68…
Ce jour-là, on espère que tous ces bavards ne seront pas tous morts, qu’ils assistent enfin à l’effondrement de leur monde.


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Grands soirs et petit matins, documentaire de William Klein
part 1
part 2
part 3