Blue Suede Shirt
David De Palma, c’est la version redneck de Tony Montana, le vrai, celui de Howard Hawks.
Un petit mec de l’Etat de Géorgie qui, à 16 ans, deale du ‘sky en douce pendant la Prohibition et fait des courses de rodsters. En quelques années, la booze et les caisses font de lui une petite célébrité.
Au retour de la guerre, il devient chauffeur livreur ultra rapide, FedEx version Mustang, il en mourra en 69.
En 72, son meilleur ami et son fils créent De Palma Clothing et ouvrent un petit shop dans la ville de Fresno, CA.
30 ans s’écoulent dans la bourgade du nowhere californien.
En 2002, les Suédois s’en mêlent : OPA amicale, greasy business.
Des Suédois malins, toujours dans les bons coups, qui reprennent la marque au moment où le Rock-A-Billy redevient mainstream. Des Suédois fans de Mr Cartoon et de Jason Jessee.
Faute d’avoir pu émigrer, Kristoffer Sundlin et Peter Camarstrand ont décidé d’acheter une marque, et de la rendre encore plus californienne… Le cliché ne tuant pas, on n’en fait jamais trop.
Mais surtout, surtout, vlà leur mannequin : un bon gros Chicano balafré, un roi des films B, Danny Trejo.
Le mec qui joue à peu près toujours le même perso dans des navets chanmé.
Le cousin de Robert Rodriguez -le petit génie derrière El Mariachi, l’auteur de Sin City et surtout de Planet Terror, la moitié du délire biface Grindhouse, co-réalisé avec Tarantino qui s’était chargé de Death Proof.
Avec au milieu, un intermède en guise d’entracte mettant en scène un fabuleux héros Z : Machete.
Et Machete, c’est Danny Trejo, évidemment.
Danny, c’est le genre de mec qui te fait changer de trottoir, un ex-taulard devenu champion de boxe à San Quentin et vieille connaissance d’Edward Bunker.
Danny Trejo, c’est la cerise sur le ghetto, le mec qui te fait sentir la sueur du caniveau et qui fait peur au blaireau.
Trop SoCal, trop thug : la pure gueule de l’emploi.
Patate de Chicano dans le Greaser game.

# 3 EN LIGNE !
Vidéo : Caroline Duvivier
California dreams, cauchemars sous le soleil et rêves de pleine lune, phantasmes et réalités, souvenirs et actualités, le Hell’s Kitchen # 3 est arrivé.
95 pages West Coast : un océan pas si pacifique plein de courants et de vagues, rien que pour vous. Surfin’ USA…
Sommaire :
Los Angeles 1992
Les petits princes de la Yay
Vanstage
For them by them
Cœur à corps
Beautiful suicide
Du barrio à Belleville
Roy’s dead

Oui, Roy, je t’appelle par ton prénom.
Et c’est bien parce que tu viens de mourir que je me permets. Vivant, jamais j’aurai osé.
Pour moi, Roy, tu étais une espèce de mec parfait, hyper humble et hyper fort, le seul capable de défoncer la gueule de ce putain de squale géant qui osait venir manger les gens pataugeant gaiement dans la bay d’Amity.
Le seul à comprendre le danger avant tout le monde et le seul apte à communiquer avec ce marin pêcheur alcoolo et sacrément sage, qui mourra à la fin de ces Dents de la mer -j’ai su que ça s’appelait Jaws en américain, mais que beaucoup plus tard.
Mâchoires. Comme ça, tout court, vous êtes marrants vous…
Ce film, c’était pas super sympa de nous l’avoir fait, en fait : après, vas-y toi pour nager tranquille un peu au large.
Le pire, c’est quand des requins blancs se sont mis à tourner quand j’étais petit sur une plage du Languedoc…
J’ai vieilli depuis, je suis pas encore mort et je pense encore souvent à toi en me baignant, je te jure.
Avec le temps, j’ai vu plein de films et je me rappelle de toi dans French connection, aux côtés de Gene Hackman (le même Gene Hackman de Conversation secrète par Coppola parano) ou de toi encore, en espèce de dandy du showbiz en coma post amphèt’ dans All that jazz (avec Jessica Lange, une autre de mes idoles enfantines, surtout dans la main amoureuse de King Kong, la seule fois où j’ai pu kiffer une blonde -mais bon, j’avais largement moitié moins des 13 ans réglementaires…)
Et je t’avais même aperçu dans Le Festin nu de Cronenberg, le film le plus cool de l’époque, tu m’étonnes : adaptation camée de Burroughs l’intello poètoxico le plus dingue de tous les temps.
Quand j’ai entendu la nouvelle, ce matin, j’ai su qu’une de mes pages encore se tournait.
Toi, tu as fermé ton livre.
R.I.P. comme vous dîtes.
Get Low

Surfer sur le web, quand tu sais pas quoi faire, tu t’y perds.
Lutte contre l’ennui, ou pour te faire des amis : pas super inouï.
Quand tu sais ce que tu cherches, c’est parfois comme l’extase du surfeur à la sortie d’un tube de vague d’équinoxe : tu cherches un truc et tu tombes sur deux infos à la fois.
C’est ce qu’il nous est arrivé hier, en arrivant par hasard sur la présentation de cette exposition au musée d’art contemporain de Sittard en Hollande, le Het Domein.
Exposition de Dzine, artiste porto-ricain basé à Chicago qui étudie les représentations des jeunesses citadines : peintures (toujours à Sittard, il va prendre la suite d’Os Gemeos pour une peinture monumentale…), sculptures et multimédia.
Au Het Domain, Dzine a créé une installation autour d’un Lowrider bike, lié à un système vidéo et musical lui-même travaillé comme élément de l’installation : on peut brancher son i-pod ou video i-pod direct sur le vélo pour un genre d’expérience interactive de musée…
On passera vite sur l’erreur de dossier de presse qui mélange culture Lowrider et culture Harley Bikers : vous allez pouvoir lire une histoire du lowriding dans notre #3 (mis en ligne juste après ce week-end…)
Ce qui nous intéresse avec cette expo, c’est le signe que les «sous»-cultures, quand elles sont acclimatées par des artistes comme Dzine qui n’ont pas peur de s’y frotter, peut entrer dans le domaine de la Culture, la vraie de vraie, celle qui a son ministère, sa Nuit Blanche, ses galeries et ses magazines, ses règles et ses interdits, son snobisme et ses préjugés.
Beautiful struggle, comme il est marqué au mur.



