Courchevel

Ce soir c’est les vacances, demain matin, autoroutes Paris – Lyon – Albertville embouchées. Et ce n’est pas parce qu’on va direction les glaciers que les différences vont s’estomper.
Au contraire, comme dans les plates vallées, les signes extérieurs de distinction restent bien au froid dans leur congélation.
Peut-être un peu moins brutalement, nécessitant un œil un poil plus aguerri, mais à peine. Entre une combi Decathlon et cet ensemble snowboard Burton x Warhol, il y a la même différence qu’entre le cirque de Gavarnie et les 3 Vallées.
Même les blaireaux friqués qui continuent là-haut leur concours show off ont l’air ridicules à côté. Avec Burton, tu es de plain-pied dans le must du technical wear, le truc pour les vrais. Avec cette gamme Warhol forcément limitée, tu as droit au must de la marque, notamment le couple boots et fixations. Sauf que ça te coûte un bras.
Alors, si tes parents se sont saignés déjà pour louer une chambre de 15 m2 pour toute la p’tite famille, tu comptes les forfaits et tu oublies direct de vouloir ressembler aux surfeurs des neiges : tu vas louer ta planche comme tout le monde et tu oublies ton air ridicule de supermarché. T’en as que pour une semaine de toute façon. Va t’amuser.
La «culture board» surtout quand elle se pratique en altitude, n’est pas destinée à tout le monde (à part les enfants des montagnes, et encore). C’est bien la raison pour laquelle cette série Burton x Warhol est éminemment paradoxale : pop oui, mais pas populaire.
Un peu comme dans le streetwear actuel où, pour se démarquer, il faut débourser. De plus en plus. Avec de moins en moins de raison. Phénomène typiquement mode.
Sauf que les marques par définition techniques comme Burton ne tombent pas complètement dans cette course fashion parce que elles, elles remplissent une fonction. Améliorer le plaisir et le confort de leurs clients dans la poudreuse, les performances comme on dit.
Mais il suffit d’un rien, une coupe moins sport, moins précisément associée à un usage et hop, c’est le hip.
Confer Northface hier, Moncler ou Pyrenex aujourd’hui.
Reste à voir les enfants des cités un jour fréquenter les cimes enneigées.
Là où tout est blanc.

(photos : Elisa Gomez)






Marcovitch on mar, 26th fév 2008 3:42
PIED!