Discothèque

février 29, 2008 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Musique

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Quand certains jeunes à boutons jaune fluo tendant vers le moutarde, ont lu que Justice avaient samplé -et pas qu’un peu- un morceau de Goblin pour construire un de leurs hits, quel ne fut pas le scandale, relativement à la mini échelle du nerd tout en Nike… Illusion intemporelle des puceaux schématiques
Comme si les musiques electro devaient forcément venir des entrailles analogiques ou des grilles logicielles, contrairement au hip hop officiellement bâti sur le sampling… La bonne blague – il faudra un jour penser à mettre hip hop dans le dictionnaire électronique, ça changera les perspectives…

Autre blague : croire aussi que les jeunes pousses de la French Touch 2 sont par définition nouveaux. Neufs par le seul fait de tout sortir à partir d’une souris et d’un écran : vous pouvez retrouver par exemple Surkin dans un seul son, chez J. Saul Kane, d’une époque où il était à peine né. Nouveaux génies sans bouillir et vierges de l’emprunt samplé : 2è illusion.

Quand on se veut enfants de Daft Punk qui eux-mêmes ne venaient pas de l’espace intersidéral tout en cuir avec un casque sur la tête mais directement de la planète Chicago, elle-même issue de la disco et de Moroder, de Kratfwerk et de l’italo disco, quand on est jeune et qu’on n’a pas les machines qu’il faut à dispo, qu’on veuille travailler les sonorités originelles pour remonter aux sources et faire comme les frères aînés adulés, on fait comme tout le monde : on sample.
On boucle, on découpe et redécoupe, et on trafique sa coupe.

Que cette vague française en particulier et la blog house en général fasse un son quasi destiné au MP3 en focalisant sur les mediums est une autre histoire… Vous en avez pas marre vous d’entendre depuis 2 ans exactement partout le même son compressé ? Nous, si. Et même… plus que marre -le gavage, on n’est pas des oies ni des canards sauvages, ça fait vomir…

Alors, quand on reçoit la compilation Clone Classic Cuts, c’est comme recevoir un vent d’air frais après une crise de foie la tête dans la cuvette.

Si vous ne connaissiez pas la bande de Rotterdam, maintenant vous allez savoir : Serge et ses copains sont parmi les Européens les plus calés en house, pré et after, early et acid, toute la house mais pas que, post disco aussi et italo etc. : tout ce qui s’est fait dans les 80’s à destination de certains clubs, de Chicago à Rimini, plus ou moins gay, plus ou moins drogués.

Sauf que ces Hollandais, contrairement aux rats pas fun de bibliothèques, sont des rigolos qui n’ont pas passé leur jeunesse à lire Baudelaire mais à tester les paradis artificiels au pays du gouda. Et qui continuent à se fendre la gueule à farfouiller dans de vieilles caves, à dénicher les plans introuvables, les déstockages et vide greniers… Freaks du vinyle. Chercheurs d’or noir -cet or qui enrichit certaine communauté eBay

Sauf qu’eux encore, ils ne font pas ça que par collectionnite aggravée et par le gain appâtés, mais pour remercier aussi leurs amours de jeunesse. Et redonner de cet amour : en ressortant les pépites ensevelies et en les re-masterisant.
Dès le 1er morceau, obscur disco track et douce torture de Jackson Jones, c’est parti mon kiki, succession d’orgasmes…
Classic Cuts exsude de senteurs de sueur et de déo cheap, celles d’un funk nouveau qui allait conduire à l’extase de la fin des 80’s.
Où l’on comprend aussi tout l’intérêt du plastique : le vinyle ne calfeutre pas la basse à l’arrière-fond, ce qu’a commencé à faire le CD et évidemment le MP3…
Vinyle et basse, ligne directrice de Classic Cuts : écoutez ces ego titres stupéfiants I’m strong de Fingers Inc. (Larry Heard) & Robert Owens ou I’m Free de Tyree ou I’m House de The Elect, tout se joue à ce niveau-là, sur la basse. Cet endroit qui te prend à l’estomac et te fait bouger ton popotin (vous n’avez pas remarqué que les Teckto ne bougent que des mains et du buste ? : danse numérique pas très élastique).

Classic cuts est donc un achat obligé pour tous ceux qui veulent comprendre d’où l’on vient.
Pour comprendre mieux à quel point la house de Chicago n’aurait jamais existé sans l’italo -cf. le Single Girl de Knight Action : petite histoire musicale avec un grand H.

Cette italo disco importée par containers entiers dans la capitale de l’Illinois, notamment le label Il Discotto dont une rareté, Los Angeles T.F., figure évidemment sur le tracklisting Classic Cuts.
Cette Chicago house exportée ensuite en Europe, d’abord en Angleterre, avec Farley, Adonis, Phuture, Maurice etc. etc… Acid house. Rien à voir avec le LSD, tout avec la TB. Ces petits boîtiers synthés Roland qui ont tout permis : so..




So Let It Be House, comme le susurrait l’énorme Mike Dunn, au sommaire bien sûr de cette histoire de classiques (encore mieux finalement que Vintage Future, toujours chez Clone).

L’on a dit que Classic Cuts permettait de comprendre d’où l’on vient, mais où l’on va aussi. Retour de cycle.
Même l’inénarrable Fogiel a proclamé cette semaine que la disco est de retour, pour repasser les plats et les pires navets à la Juvet ou les saucisses périmées strobo et paillettes, sans savoir que le son français qui marche vient de toute cette histoire méconnue autour de la disco et de ses suites…

Au pays des intello, les demi savants sont rois, au point qu’il nous faut des Clone, des I-F et sa clique, des Aphew Twin et ses potes pour faire ressortir de l’oubli un de nos génies nationaux dans le genre, Black Devil Disco Club, qui avait produit de l’italo disco avant même que les Italiens n’en fassent…

Disco, italo, Chicago, Daft Punk, French Touch le retour : rien ne se perd, tout se transforme.

Dernier détail : si au moment de sa sortie, bientôt dans les bacs, vous chopez cette compil’ vous aurez le droit à un mix-CD en bonus, mixé par Serge, avec certains des morceaux de Classic Cuts et d’autres, néo vintage comme le pratique si bien la bande Clone (d’Alden Tyrell à Legowelt ou Bangkok Impact, pour ne citer qu’eux).

Classic Cuts (Clone / Abeille musique)

Motorcycle Boy

février 27, 2008 by Cuisto  
Filed under Culture, Hell Yeah



Meatball est un mec old-school qui roule en Triumph et tient un shop, Hell on Wheels à Anaheim, où il vend plein de trucs pour les motards.
Meatball, c’est Jeff Tulinius, un accro des vieilles motos, un grand féru des vieilles britanniques toutes sales et mal entretenues. Et n’est pas de ces collectionneurs qui polissent tous les soirs leurs engins.
Le week-end, il part faire des courses et roule seul dans le désert.
Ou traîne aussi avec des pin-ups.

Brittown, c’est un docu sur ce mec, fait pour tous les citadins qui se font chier.
Brittown t’aidera à oublier ton train-train : tes voisines faméliques et sans lipstick qui croient que l’image ultime de la féminité, c’est Jane Birkin en 71. Non, ça, c’est juste un garçon loupé.

Brittown sort au mois de mars, donc occupe-toi d’ici là.




www.brittown.com

Courchevel

février 22, 2008 by Cuisto  
Filed under Hell Yeah, Vêtement

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Ce soir c’est les vacances, demain matin, autoroutes Paris – Lyon – Albertville embouchées. Et ce n’est pas parce qu’on va direction les glaciers que les différences vont s’estomper.
Au contraire, comme dans les plates vallées, les signes extérieurs de distinction restent bien au froid dans leur congélation.
Peut-être un peu moins brutalement, nécessitant un œil un poil plus aguerri, mais à peine. Entre une combi Decathlon et cet ensemble snowboard Burton x Warhol, il y a la même différence qu’entre le cirque de Gavarnie et les 3 Vallées.

Même les blaireaux friqués qui continuent là-haut leur concours show off ont l’air ridicules à côté. Avec Burton, tu es de plain-pied dans le must du technical wear, le truc pour les vrais. Avec cette gamme Warhol forcément limitée, tu as droit au must de la marque, notamment le couple boots et fixations. Sauf que ça te coûte un bras.
Alors, si tes parents se sont saignés déjà pour louer une chambre de 15 m2 pour toute la p’tite famille, tu comptes les forfaits et tu oublies direct de vouloir ressembler aux surfeurs des neiges : tu vas louer ta planche comme tout le monde et tu oublies ton air ridicule de supermarché. T’en as que pour une semaine de toute façon. Va t’amuser.

La «culture board» surtout quand elle se pratique en altitude, n’est pas destinée à tout le monde (à part les enfants des montagnes, et encore). C’est bien la raison pour laquelle cette série Burton x Warhol est éminemment paradoxale : pop oui, mais pas populaire.

Un peu comme dans le streetwear actuel où, pour se démarquer, il faut débourser. De plus en plus. Avec de moins en moins de raison. Phénomène typiquement mode.
Sauf que les marques par définition techniques comme Burton ne tombent pas complètement dans cette course fashion parce que elles, elles remplissent une fonction. Améliorer le plaisir et le confort de leurs clients dans la poudreuse, les performances comme on dit.
Mais il suffit d’un rien, une coupe moins sport, moins précisément associée à un usage et hop, c’est le hip.
Confer Northface hier, Moncler ou Pyrenex aujourd’hui.

Reste à voir les enfants des cités un jour fréquenter les cimes enneigées.
Là où tout est blanc.
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(photos : Elisa Gomez)

www.burton.com

Russian Alleycat

février 21, 2008 by Cuisto  
Filed under Culture, Hell Yeah, Marketing

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Que le pignon fixe soit aujourd’hui ce que le skateboard fût au début des 70’s, personne n’en doute plus.
Tout ancien skater passant au fixe le dira : il y retrouve toutes les sensations de ses débuts.

Un sport à défricher, des tricks à inventer, une culture à construire.
Déjà des lignes de fringues dédiées, des expositions, des films.
Et des «teams» qui commencent à se monter.
La marque Mishka vient de créer la sienne : D.A.R.T., pour Death Adders Road & Track.

Composée pour l’instant de cinq gus : un gros, un moustachu, un vieux, un binoclard et un autiste.
Son but est de recruter, à travers le monde, d’autres cyclistes, d’organiser des événements autour du fixe et à terme, de pouvoir créer ses propres équipements, pièces et vêtements.
On pourrait, blasés que nous sommes, voir ça d’un œil rigolard et bramer à la récupération marketing : devenir la marque référence du fixe pour attraper les milliers de gamins qui s’y mettront de toute façon.
Construire une légitimité pour vendre du tee-shirt.
Comme pour le skate, encore.
Mais merde, ici on aime bien Mishka, alors on ne parlera même pas de bénéfice du doute.
Et puis des New Yorkais qui mettent Paradis d’Alain Chamfort en fond sonore de leur site sont à respecter.
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http://mishkanyc.com/feature.php/MishkaDARTCycling
www.mishkanyc.com